Gestes barrières : et si nous prenions un peu plus de distance ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Afin de disposer du meilleur niveau de preuve pour établir les recommandations émises par les pouvoirs publics pour lutter contre la pandémie, des chercheurs ont réalisé une revue de la littérature et une méta-analyse de toutes les études comparatives s’étant intéressées aux différentes mesures barrières face aux bêta-coronavirus : SARS-CoV-2, mais aussi SARS-CoV et MERS-CoV.

Au total, l’analyse a identifié 172 études observationnelles issues de 16 pays et 44 études comparatives menées dans le milieu médical ou non médical. Ces dernières regroupaient un total de 25.697 sujets, dont 30 étaient consacrées aux protections respiratoires individuelles des personnels de santé (masques, respirateurs) et 13 à l’intérêt des lunettes de protection.

Une distanciation physique de 2 mètres serait plus pertinente

Concernant la distanciation physique, respecter 1 mètre ou plus est plus protecteur vis-à-vis du risque infectieux qu’une distance inférieure : risque relatif (RR) de 0,30 selon 29 études non ajustées, rapport de cotes (ORa) de 0,18 [0,09-0,38] selon 9 études ajustées (différence de risque -10,2%), la force de l’association étant renforcée en augmentant la distance au-delà de 1 mètre (changement du risque relatif : 2,02/mètre).

Le port de masque (29 études non ajustées, 10 études ajustées), quel qu’en soit le type, était associé à une large diminution du risque d’infection (RR : 0,34 [0,26-0,45] et ORa 0,15 [0,07-0,34]), l’association étant plus forte pour les études menées auprès de personnels soignants qu’en milieu communautaire (RR : 0,30 et 0,56 respectivement).

Pris individuellement, l’utilisation des masques N95 (FFP2) ou de respirateurs est plus efficace que les autres masques (ORa 0,04 vs 0,33). Les données suggéraient aussi que les masques FFP2 offrent une meilleure protection que les masques chirurgicaux, mais que les types FFP2 et chirurgicaux ont une efficacité supérieure aux masques simple couche.

Enfin, le port additionnel de lunettes protectrices (13 études non ajustées, 2 études ajustées) était associé à un risque plus faible d’infection (RR 0,34 [0,22-0,52], ORa 0,22 [0,12-0 ,39]).

Ainsi, une distance physique de 2 mètres pourrait apporter de meilleurs bénéfices en termes de prévention de l’infection par rapport à celle de 1 mètre recommandée classiquement. Par ailleurs, les auteurs rappellent les différents inconvénients liés au port du masque : malaises, lésions cutanées en cas de port chronique, communication moins claire et altération de l’empathie perçue par les individus vis-à-vis des soignants.