GENIPSO : les lésions génitales liées du psoriasis, fréquentes mais méconnues

  • Larsabal M & al.
  • Br J Dermatol
  • 6 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’étude française GENIPSO menée chez près de 800 sujets consultant pour un psoriasis extra-génital, des lésions génitales étaient présentes chez 43,2% d’entre eux. Elles étaient connues de tous les patients mais avaient fait l’objet d’une consultation dans seulement 40% des cas. Les hommes souffrant d’un psoriasis sévère et diagnostiqués tardivement étaient les plus à risque d’être concernés.

  • Cette étude, prospective et menée sur tout le territoire, souligne une prévalence des lésions génitales supérieure à celle décrite dans d’autres publications. Elle met aussi en exergue leur fréquente méconnaissance de la part des spécialistes alors que la qualité de vie apparaissait significativement impactée et la vie sexuelle des femmes concernées altérée. Le fait que les lésions génitales soient présentes et symptomatiques malgré le traitement systémique doit inciter à mieux les évaluer dans le cadre de la prise en charge globale.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les lésions génitales du psoriasis peuvent impacter la qualité de vie et la vie sexuelle des patients. Pourtant, leur prévalence rapportée varie d’une étude à l’autre, sans doute du fait de la gêne rencontrée par les patients comme par les médecins à aborder la question. Aussi, GENIPSO visait à évaluer systématiquement la présence de lésions génitales chez tous les patients dont le motif de consultation spécialiste était le psoriasis extra-génital.

Méthodologie

  • Au total, 24 dermatologues libéraux et 54 dermatologues en établissement de santé ont participé à l’étude entre novembre 2016 et mars 2017. Tous les sujets âgés d’au moins 18 ans consultant pour des lésions psoriasiques extra-génitales devaient être inclus, et les médecins leur proposaient un examen spécifiques. Les spécialistes participants avaient tous suivis une formation en ligne sur les examens cliniques et la sémiologie des lésions génitales.

  • Les caractéristiques sociodémographiques, cliniques et thérapeutiques ont été recensées et une évaluation de la qualité de vie (DLQI), de la présence d’anxiété et dépression (HADS) et de la qualité de vie sexuelle (FSFI chez les femmes, IIEF chez les hommes) ont été menées.

Principaux résultats

  • Au total, 776 patients ont été inclus (49,5 ans, 58% d’hommes). La proportion du psoriasis léger ou sévère était de 59% et de 21%. La plupart des patients étaient traités par traitement topique (34%), biothérapie (32%) ou traitement systémique non biologique (27%). Le taux d’acceptation de l’examen des zones génitales était de 85%.

  • Au total, 43,2% des patients examinés présentaient des lésions génitales : ils en avaient tous connaissance mais seuls 40% avaient déjà eu un examen spécifique de ces lésions par un dermatologue.

  • Le psoriasis génital se traduisait principalement en démangeaisons (69% des femmes, 78% des femmes), en brûlures (45% des hommes, 65% des femmes) ou en dyspareunie (18% des hommes, 16% des femmes).

  • Selon l’analyse multivariée, être un homme, avoir eu un diagnostic de psoriasis après 20 ans, et présenter un psoriasis inversé ou sévère constituaient les principaux facteurs de risque de présenter un psoriasis génital (ORa 2,1 hommes vs femmes, 1,5 pour les 20-60 ans et 3,6 pour les plus de 60 ans vs vs psoriasis en plaque strict, 2,0 pour le stade sévère vs léger, p tous significatifs).

  • La qualité de vie des patients présentant des lésions génitales était inférieure à celle des autres individus. Si la qualité de vie sexuelle était inchangée chez les hommes, elle était plus altérée chez les femmes. Aucune différence n’a été observée en termes de score HADS.

Principales limitations

Tous les patients consultant consécutivement pour psoriasis n’ont pas toujours pu être inclus, et tous les patients n’ont pas renvoyé leur auto-questionnaire.

Financement

L’étude a été financée par la Société Française de Dermatologie.