Généralistes : une profession qui n’est pas homogène


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Que pensent les médecins généralistes de leur profession ? Pour le savoir, l’agence APLUSA a interrogé 432 d’entre eux, représentatifs de l’ensemble de la profession, au moyen d’un questionnaire auto-administré par internet, en mars 2018. Ses résultats ont été communiqués lors d’un colloque organisé par la FNIM (Fédération Nationale de l’Information Médicale) en juin.

La moitié des généralistes prend du temps sur son dimanche pour son métier

En moyenne, ils consacrent 68% de leur temps de travail (51 heures en moyenne) à leurs consultations, 11,5% aux tâches administratives et 10% aux visites à domicile. Parmi eux, 91% n’ont aucune vacation hospitalière, 42% aucune activité en EHPAD, 23% aucune activité de formation et 33% ne reçoivent aucun visiteur médical ; 54% prennent des gardes, dont 67,9% des moins de 45 ans et 45,5% des 55 ans et plus. Enfin, 48,8% prennent plus ou moins souvent du temps sur leur dimanche pour examiner des dossiers relatifs à leur activité (58,5% des 55 ans et plus). Un quart des généralistes (25,5%) a déjà utilisé au moins une des activités de télémédecine.

Pour 68,2% d’entre eux, leur métier impacte négativement leur vie familiale et pour 54,7% leur vie sociale. Ils sont 73,3% à être assez ou très pessimistes sur l’avenir de la médecine générale (79,9% chez les 55 ans et plus) et 76,1% assez ou très pessimistes sur l’avenir des médecins généralistes (81,3% des 55 ans et plus). Cependant, 77,6% se déclarent médecins « assez ou très heureux ».

Une population contrastée entre « souffrants », « bien établis », « modernistes inquiets » et « heureux ».

Les généralistes ne constituant pas une population homogène, ils ont été répartis en 4 groupes :

  • Ceux qui sont en souffrance (23%) : ce sont plutôt des hommes, un peu plus âgés que la moyenne des participants, recevant plus de 120 patients par semaine et travaillant en moyenne plus de 54 heures hebdomadaires. Ils sont très réticents vis-à-vis des évolutions de la profession (par exemple, 48% jugent négativement le fait que les patients soient de plus en plus informés). Leur métier en a déçu 69% d’entre eux. Quatre sur cinq (81%) ont déjà été en burn out.

  • Les « bien établis » (33%) sont plutôt plus âgés que la moyenne, travaillent environ 50 heures par semaine et sont plus nombreux à déclarer l’absence d’impact sur eux des évolutions de la profession. En revanche, ils regrettent plus souvent la généralisation du tiers payant (61%) et du DMP (49%). La grande majorité (85%) se déclare satisfaite par rapport à ses attentes initiales à l’égard de la profession et 90% se définissent comme des médecins assez ou très heureux.

  • Les « modernistes inquiets » (21%) sont plutôt des femmes, plus jeunes et travaillent environ 50 heures par semaine. La plupart jugent positivement les évolutions de leur profession. En particulier, ce sont les plus forts utilisateurs de la télémédecine. La majorité (83%) est satisfaite par rapport à ses attentes initiales à l’égard de la profession, mais 68% regrettent de ne pas avoir assez de temps pour eux-mêmes et 42% ont déjà été en burn out.

  • Les médecins « heureux » ne consacrent pas plus de 49 heures par semaine à leur activité professionnelle. Ils jugent positivement les évolutions de la profession et sont quasiment tous (96%) satisfaits par rapport à leurs attentes initiales. Ce sont les seuls à considérer majoritairement que leur vie familiale et sociale profite de leur activité professionnelle. Mais 28% ont déjà été en burn out. Ils sont très optimistes (78%) quant à l’avenir de la médecine générale.