GARFIELD-AF : 13% de décès dans le premier mois après diagnostic d’une fibrillation atriale !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude internationale de grande envergure montre que chez les patients nouvellement diagnostiqués pour fibrillation atriale, le risque de mortalité cardiovasculaire serait particulièrement augmenté le premier mois post-diagnostic. Les principales causes de ce décès auraient une origine cardiovasculaire, avec au premier rang, l’insuffisance cardiaque congestive, suivi de la mort subite et du syndrome coronarien aigu.

Jean-Pierre Bassand, Professeur à l’Université de Besançon et premier auteur de cet article publié dans la revue Circulation incite les praticiens à « mettre en place un suivi spécifique chez ces patients pour identifier les sujets à risque dès les premiers signes d’alerte ».

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La fibrillation atriale serait associée à une augmentation du risque de décès, d’AVC, d’embolie systémique et de saignements (liés aux traitements anti-thrombotiques). De précédentes études avaient montré que le risque de survenue d’un événement indésirable majeur était particulièrement augmenté les 4 premiers mois après la survenue de la fibrillation atriale, son diagnostic ou l’initiation d’un traitement. Une équipe internationale a souhaité mieux identifier et caractériser les risques précoces de survenue d’événement majeur dans l’année qui suit le diagnostic.

Méthodologie

Cette étude a été menée à partir du registre GARFIELD-AF (Global Anticoagulant Registry in the FIELD-Atrial Fibrillation). Les risques d’événements précoces (décès, AVC/embolie systémique et saignements majeurs) ont été évalués sur les 12ers mois post-diagnostic de fibrillation atriale, et notamment à un mois, puis entre 2-4 mois, 5-8 mois et 9-12 mois. Les patients étaient enregistrés dans le registre 2 à 6 semaines après le diagnostic de fibrillation atriale.

Principaux résultats

Au total plus de 52.000 patients ont été inclus dans le registre GARFIELD-AF entre mars 2010 et août 2016 et suivis prospectivement durant au minimum un an. L’âge moyen de la population était de 71 ans et 44,2% des participants étaient des femmes. 

À l’inclusion, les deux tiers des sujets étaient sous anticoagulant (avec ou sans antiplaquettaire), 21,0% étaient sous antiplaquettaire seul et 12,1% ne recevaient pas de traitement anti-thrombotique.

Au cours des 12 mois de suivi, 2.140 patients sont décédés, dont 13,5% au cours du premier mois, 29,1% au cours des 2 à 4 premiers mois, 29,0% au cours des 5 à 8 premiers mois et 28,4% au cours des 9 à 12 premiers mois. 

Ainsi le risque de mortalité était plus élevé au premier mois (+78%) et entre le 2et le 4mois (+29%), qu’entre le 9et le 12mois. Le risque était à peu près équivalent entre le 5et le 8mois et le 9et le 12mois.

Les patients qui décédaient durant ces douze premiers mois étaient souvent plus âgés et avaient plus de comorbidités que ceux qui survivaient. Bien qu’aucune différence majeure à l’inclusion ne différenciait ceux qui décédaient le premier mois de ceux qui décédaient entre 2 et 12 mois, une fraction d’éjection ventriculaire gauche

Les taux d’AVC/embolie systémique et de saignements majeurs étaient plus élevés au cours du premier mois (respectivement 2,3/100 et 1,5/100 patients-années au premier mois versus 1,3/100 et 0,8/100 patients-années au cours des 12 mois).

La mortalité cardiovasculaire, et plus spécifiquement la mortalité suite à une insuffisance cardiaque congestive, à une mort subite ou à un syndrome coronarien et une infection/sepsis ou à une insuffisance respiratoire étaient les principales causes de décès dans le mois post-diagnostic (respectivement 1,0, 0,6 et 0,5/100 patients-années). 

Le risque de décès précoce étaient particulièrement plus élevé chez les individus ayant un CHA2DS2-VASde 3 ou plus, ainsi que chez ceux ayant des comorbidités (IDM, maladie rénale chronique modérée à sévère, antécédents d’AVC ou d’insuffisance cardiaque congestive).

Principales limitations

Les trois principaux critères d’évaluation étaient basés sur les caractéristiques individuelles à l’inclusion et sur les traitements initialement prescrits.