Fruits, légumes et légumineuses : ont-t-ils réellement un impact sur le risque cardiovasculaire et la mortalité ?

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L’étude PURE a évalué l’impact de l’alimentation sur la santé cardiovasculaire et la mortalité dans 18 pays à travers le monde. Elle offre ainsi un regard nouveau, englobant tous les niveaux socio-économiques, alors que la majorité des études épidémiologiques sont réalisées dans des pays qui connaissent la surabondance alimentaire.

Méthodologie

  • L’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) est une étude épidémiologique de large envergure menée au sein de 18 pays d’Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Afrique et Asie. Les individus inclus étaient âgés entre 35 et 70 ans.
  • Les habitudes alimentaires ont été mesurées par des questionnaires validés évaluant la fréquence de consommation de certains aliments.
  • Des questionnaires standardisés ont permis de recueillir les informations démographiques, ainsi que des données sur le statut socio-économique (éducation, revenu et travail), le style de vie (tabagisme, activité physique et prise d’alcool), les antécédents de santé et traitements et les antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire.
  • Le critère principal d’évaluation était la survenue globale d’évènements cardiovasculaires majeurs (décès d’origine cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, AVC, insuffisance cardiaque), ainsi que la survenue d’infarctus du myocarde fatal et non fatal, AVC fatal et non fatal, mortalité d’origine cardiovasculaire, mortalité non-cardiovasculaire, et mortalité toutes causes confondues.
  • L’association entre la consommation de fruits, de légumes et de légumineuses et le risque de maladie cardiovasculaire et la mortalité a été évaluée.

Résultats

  • Au global, les données sur les consommations alimentaires individuelles de 135.335 hommes et femmes ont été analysées.
  • Globalement, la consommation de fruits, légumes et légumineuse était de 3,91 ±2,77 portions par jour.
  • Durant le suivi moyen de 7,4 ans, 4.784 évènements cardiovasculaires majeurs, 1.649 décès d’origine cardiovasculaire et 5.796 décès toutes causes confondues ont été enregistrés.
  • Dans les modèles ajustés sur l’âge, le sexe et le centre, les consommations élevées de fruits, légumes et légumineuses étaient inversement associées au risque de maladies cardiovasculaires majeures, d’infarctus du myocarde, de mortalité d’origine cardiovasculaire, non-cardiovasculaire et toutes causes confondues.
  • Les estimations étaient substantiellement atténuées dans les modèles multivariés ajustés : le hazard ratio (HR) était significatif pour la mortalité non cardiovasculaire (0,84 [0,68-1,04], p=0,0038) et la mortalité toutes causes confondues (0,81 [0,68-0,96], p<0,0001). En revanche, le HR n’était pas significatif sur la survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs (HR : 0,90 [0,74-1,10], p=0,1301), l’infarctus du myocarde (0,99 [0,74-1,31], p=0,2033), l’AVC (0,92 [0,67-1,25], p=0,7092) et la mortalité cardiovasculaire (0,73 [0,53-1,02], p=0,0568).
  • Le HR pour la mortalité toutes causes confondues était le plus faible pour trois à quatre portions par jours de fruits, légumes, légumineuses (0,78 [0,69-0,88]) par rapport au groupe de référence, sans diminution supplémentaire pour une consommation plus élevée.

Limitations

  • Les apports alimentaires étaient auto-rapportés, et il était parfois difficile d’estimer la part de certains acides gras dans des plats spécifiquement locaux.

Financements

L’étude PURE a été financée par des fonds de recherches publics et privés canadiens et internationaux.

À retenir

Les résultats de cette étude montrent qu’une consommation élevée de fruits, légumes et légumineuses serait associée à un risque moins élevé de mortalité non cardiovasculaire et totale. L’association entre la consommation de ces aliments et la mortalité cardiovasculaire n’était pas significative après ajustement aux différentes variables. Les avantages semblent maximaux pour la mortalité non cardiovasculaire et la mortalité toutes causes confondues à trois ou quatre portions par jour, soit l’équivalent de 375 à 500 g/j.