Fréquence des complications périnatales sous glyburide vs insuline

  • Sénat MV & al.
  • JAMA
  • 1 mai 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Lecture critique
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

L’étude INDAO (Insuline Daonil) publiée dans la revue JAMA, et menée au sein de 13 hôpitaux universitaires en France, n’a pas permis de montrer que la fréquence des complications néonatales (macrosomie, hypoglycémies néonatales et hyperbilirubinémie) sous glyburide était similaire à celles sous insuline (marge de non-infériorité fixée à 7%) chez les femmes enceintes souffrant de diabète gestationnel. Ainsi, ces résultats ne justifient aucunement de prescrire le glyburide en première intention dans cette situation. Rappelons que la « Prise de position de la Société Francophone du Diabète » publiée en septembre 2017 qui reprend le texte des recommandations de la HAS/ANSM de 2013 positionne clairement l’insuline en première intention dans cette situation. « Il est recommandé de mettre en place un schéma insulinique optimisé le plus précocement possible, afin d’atteindre et de respecter les objectifs glycémiques stricts ».

Pourquoi est-ce important ?

Le glyburide est communément utilisé comme traitement complémentaire dans le diabète gestationnel aux États-Unis, mais pas en Europe. Par ailleurs, bien que le contrôle glycémique soit similaire entre le glyburide et l’insuline chez les femmes enceintes1, aucun essai clinique randomisé n’avait jusqu’à présent comparé les complications néonatales sous ces traitements chez les femmes présentant un diabète gestationnel, d’où l’intérêt de cette étude.

Principaux résultats

Sur les 914 patientes randomisées(âge médian 32,8 ans), 98% ont terminé l’étude. La fréquence des complications néonatales (critères composite principal d’évaluation constitué de la macrosomie, des hypoglycémies néonatales et de l’hyperbilirubinémie) était de 27,6% dans le bras glyburide et de 23,4% dans le bras insuline, soit une différence de 4,2%, IC97,5% [-∞ à 10,5%], p=0,19. Les résultats ne différaient pas avec l’ajustement sur la multiparité et l’âge gestationnel au moment du traitement (p=0,20). Ainsi, la non-infériorité du glyburide vs l’insuline n’a pas été démontrée en ce qui concerne la fréquence de survenue des complications néonatales. 

Méthodologie

Essai clinique de non-infériorité, randomisé ayant inclus 914 femmes présentant une grossesse monofoetale et ayant reçu un diagnostic de diabète gestationnel entre la 24eet la 34semaine de gestation.

Les patientes ont été randomisées pour recevoir après 10 jours de mesures hygiéno-diététiques soit 2,5 mg de glyburide par voie orale (possibilité d’augmenter 4 jours plus tard par 2,5 mg, puis 5 mg tous les 4 jours (en deux prises matin et soir) jusqu’à 20 mg/j), soit de l’insuline en injectable (4UI à 20UI) par voie sous-cutanée 1 à 4 fois par jour selon les besoins et avec des ajustements en fonction d’auto-mesures glycémiques. La marge de non-infériorité a été fixée à 7%. 

Limitations

Certains critères n’ont pas été pré-spécifiés dans le protocole initial.

Financements

Étude financée par des fonds publics.