FRANCE-TAVI : le rôle des anticoagulants oraux dans le pronostic post-implantation

  • Overtchouk P & al.
  • J Am Coll Cardiol
  • 22 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon les données du registre français FRANCE-TAVI, le fait d’être un homme, de présenter une insuffisance rénale modérée ou sévère, de présenter une fibrillation atriale et d’être traité par anticoagulants oraux constituent des facteurs de risque de décès chez les patients ayant bénéficié d’une procédure percutanée de remplacement valvulaire aortique (TAVI, Transcatheter Aortic Valve Implantation). À l’inverse, le traitement par anticoagulants oraux constituerait un facteur protecteur de dysfonctions des bioprothèses. Parallèlement, la bithérapie antiplaquettaire (DAPT) ne semblait pas avoir d’impact sur l’un ou l’autre des deux évènements évalués.

  • L’utilisation des anticoagulants oraux étant colinéaire à l’existence d’une fibrillation auriculaire, il reste difficile de conclure sur l’impact pronostique de l’anticoagulation. Des données issues d’études cliniques randomisées seront nécessaires pour le décrypter.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La meilleure stratégie antithrombotique post-TAVI a fait l’objet de peu d’études randomisées. Il était intéressant d’évaluer à partir d’un large registre si la nature de ce traitement pouvait influencer le pronostic à long terme.

Méthodologie

  • Le registre FRANCE TAVI a inclus 12.804 patients ayant subi une TAVI dans l’un des 48 centres spécialisés entre janvier 2013 et décembre 2015.

  • L’objectif principal de l’étude était d’évaluer la mortalité toutes causes à 3 ans. L’objectif secondaire était d’évaluer la dysfonction des prothèses à l’imagerie.

Principaux résultats

  • Les analyses ont été menées à partir de 11.469 sujets vivants et placés sous traitement anticoagulant à la sortie de l’hospitalisation (âge moyen 82,8 ans, EuroSCORE 17,8%, 50% de femmes, durée médiane de suivi : 428 jours). Globalement, 33,4 % des sujets étaient sous anticoagulants oraux, dont 71 % pour fibrillation atriale.

  • Le taux de survie était de 90,4% à 1 an, 80,1% à 2 ans et 69,9% à 3 ans.

  • Les principaux facteurs de risque de décès toutes causes confondues à 3 ans étaient le sexe masculin (hazard ratio ajusté ou HRa: 1,63 [1,44-1,84]), les antécédents de fibrillation atriale (HRa 1,41 [1,23-1,62]) et l’insuffisance rénale chronique (IRC) (HRa 1,37 [1,23-1,53]) (tous p

  • Les principaux facteurs de risque de dysfonction valvulaire à 3 ans étaient les antécédents de TAVI (2,96 [1,15-7,64],p=0,025), une taille de prothèse ≤23mm (3,43 [2,41-4,89], p

  • En revanche, un traitement anticoagulant était protecteur vis-à-vis du risque de dysfonction valvulaire (ORa respectivement de 0,54 [0,35-0,82]).

Principales limitations

  • Les résultats proviennent d’une étude observationnelle de registre, qui par définition inclut un risque de biais.

  • Le suivi à long terme des évènements était basé sur le déclaratif, et n’était donc pas exhaustif.

Financement

L'étude a été en partie financée par Edwards Lifesciences et Medtronic.