France : la diffusion épidémique initiale serait principalement liée à une transmission asymptomatique


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • L’analyse phylogénétique d’une centaine de génomes viraux issus de prélèvements réalisée par l’Institut Pasteur entre le 24 janvier et le 24 mars 2020 en France suggère que le confinement des premiers cas importés symptomatiques a permis d’éviter une transmission étendue. La propagation du virus serait associée à des cas asymptomatiques.

 

Une surveillance syndromique a été initiée en France le 10 janvier 2020 afin d’identifier les premiers cas importés de COVID-19 à partir des régions à risque et de prévenir la transmission du virus SARS-CoV-2 dans la communauté. Ainsi, le Centre National de Référence (CNR) Virus des infections respiratoires de l’Institut Pasteur à mis en place une surveillance génomique du nouveau coronavirus dès les premiers cas.

Le séquençage a été mené à partir des prélèvements issus de 97 patients français (et 3 cas algériens) afin d’établir une analyse phylogénétique, sur la base des données internationales disponibles dans GISAID ( Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data ). Les chercheurs ont posé deux conclusions sur la base de leurs analyses :

  •  le confinement des premiers cas symptomatiques a permis de prévenir le risque de transmission locale. En effet, les premiers cas symptomatiques de touristes chinois provenant de Hubei et de touristes français revenus d’Italie et diagnostiqués en France n’ont pas donné lieu à une transmission locale.
  •  la majorité des génomes qui ont été analysés semble issue de variants d’un clade identifié dans le Nord de la France au début de l’épidémie. Ce cas n'avait pas d'antécédents de voyage ou de contact avec des voyageurs provenant de zones à risques, suggérant que le virus circulait déjà silencieusement en février, ce qui semble possible étant donné la fréquence des cas bénins ou asymptomatiques.
  •  les autres génomes identifiés correspondent à des patients ayant des antécédents de voyage dans plusieurs régions du globe (Europe, Madagascar, Égypte, Émirats Arabes Unis) et semblent issus d’un clade commun.

Ces données sont limitées par le fait que les prélèvements issus de patients asymptomatiques ou paucisymptomatiques ont été rares et sont donc peu représentés dans cette analyse. Par ailleurs, cette étude ne peut refléter la diversité génétique du virus circulant en France étant donné que les hôpitaux concernés précocement par la prise en charge des cas se sont rapidement équipés pour mener leurs analyses.

 

Exceptionnellement durant cette période de crise sanitaire, certaines publications mentionnées sont au moment de la rédaction de cet article encore en prépublication, en cours de relecture par les pairs et susceptibles d'être modifiées. Nous attirons votre attention pour apporter la plus grande prudence quant aux résultats apportés.