France-Brésil : comparaison de l’état clinique des patients diabétiques de type 2

  • Bezerra CB & al.
  • Diabetes Res Clin Pract
  • 25 nov. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

En 30 ans, le nombre de sujets diabétiques a augmenté de 148% au Brésil contre 54% en France. Une étude a comparé un échantillon de la population brésilienne diabétique de type 2 traité par des soins spécialisés et âgé de 65 ans et plus, à la population de l’étude française GERODIAB âgée de 70 ans et plus. L’objectif de comparaison de deux populations diabétiques de type 2, l’une dans un pays développé, l’autre dans un pays en voie de développement était de pouvoir juger si le statut économique pouvait influencer l’état clinique des patients. Les deux populations différaient statistiquement sur de nombreux critères (notamment l’âge moyen, les comorbidités, les hypoglycémies, les amputations, les traitements, le contrôle glycémique). Globalement, les données ont révélé un meilleur état de santé chez les patients français. Les différences mises en exergue sont importantes et peuvent contribuer à la mise en place d’actions de santé publiques spécifiques de la part des autorités de santé brésiliennes.

Protocole de l’étude

Cette étude quantitative a été conduite chez des sujets diabétiques âgés, pris en chage au Center for integrated Diabetes and Hypertension au Brésil, et les résultats ont ensuite été comparés avec ceux de l’étude française GERODIAB.

Principaux résultats

Entre juin 2016 et juin 2017, 248 sujets âgés brésiliens ont été recrutés (56,5% de femmes, âge moyen 73,1 ans). Compte tenu de la différence d’espérance de vie dans ces deux pays, l’étude française avait fixé l’âge de 70 ans ou plus comme critère d’inclusion alors que l’étude brésilienne avait fixé l’âge d’inclusion à 65 ans et plus. Ainsi, l’âge moyen de la cohorte française était significativement supérieur à celui de la cohorte brésilienne (77,1 vs 73,1 ans ; pvs14,1 ans). Si les patients des deux études avaient un IMC supérieur à 25, l’IMC de la cohorte française était significativement supérieur à celui de la cohorte brésilienne (29,7 vs 28,6 kg/m2). Par rapport à la population brésilienne, la population française comprenait une proportion significativement plus importante de sujets atteints d’hypertension (89,8% vs 84,3%) et de maladie vasculaire périphérique (25,6% vs 8,9%).

Au total 21% des sujets brésiliens rapportaient des épisodes d’hypoglycémie et 7,7% un état hyperglycémique hyperosmolaire dans les 6 mois précédant l’évaluation (contre respectivement 33,6% et 0,9% pour les français). Par rapport aux sujets français, une proportion significativement plus importante de patients brésiliens souffraient de neuropathies diabétiques (37,9% vs 28,2%), de plaie aux pieds (10,1% vs 5,1%), d’amputation dans les 6 derniers mois (6,0% vs 2,0%), et d’infection (17,7% vs 13,1%). En ce qui concerne les traitements, les mesures hygiéno-diététiques étaient appliquées chez 92,5% des sujets de la cohorte française et 68,5% de la cohorte brésilienne. Les sujets brésiliens étaient plus souvent traités par antidiabétiques oraux (80,6% vs70,7%), avec une utilisation significativement plus importante de biguanides (67,3% vs 48,8%) et de sulfamides (37,3% vs 28,3%). L’insuline, en revanche, était utilisée de manière similaire entre les deux populations. Le contrôle glycémique par mesure du taux de glucose capillaire était plus fréquent en France (95,7% vs 90,3%). Ces différences peuvent en partie s’expliquer par des différences d’accès aux traitements et au matériel de mesure.

Principales limitations

Les données recueillies au Brésil émanaient d’un seul centre de soins. Ces conclusions ne peuvent donc pas être extrapolées.