Fracture de la hanche et du membre supérieur : le tériparatide a-t-il un intérêt ?

  • Díez-Pérez A & al.
  • Bone
  • 1 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une méta-analyse portant sur près de 8.600 sujets atteints d’ostéoporose issus de 23 études cliniques randomisées, suggèrent une diminution du risque de fracture de la hanche de 56% sous tériparatide 20 microgrammes/jour après une durée médiane de traitement de 18 mois. En revanche les analyses n’ont montré aucune différence significative de risque de fracture pour différents sites évalués sur le membre supérieur. Ces résultats complètent les données issues de méta-analyses ayant montré l’efficacité statistiquement significative du tériparatide sur la réduction du risque de fractures vertébrales et non vertébrales chez des femmes souffrant d’ostéoporose post-ménopausique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Typiquement, les essais randomisés contrôlés de phase 3 portant sur l’efficacité et la tolérance du tériparatide ont comme critère principal d’évaluation l’incidence des fractures vertébrales et les études cliniques de phase 4 évaluent plus particulièrement les variations des marqueurs biologiques et de la structure osseuse. Seul un nombre limité de cas incidents de fractures de la hanche ont ainsi été notifiés, ne permettant pas d'évaluer une différence significative entre deux groupes. D’où l’intérêt de cette revue systématique de la littérature et méta-analyse pour accéder à une tendance globale.

Méthodologie

Cette méta-analyse évalue le risque de fracture de la hanche et des membres supérieurs chez des femmes et des hommes atteints d’ostéoporose. La revue de la littérature initiale a été conduite jusqu’au 22 novembre 2017 et a permis d’identifier toutes les études cliniques randomisées d’une durée d’au moins 6 mois, évaluant l’efficacité et la tolérance du tériparatide sur les fractures de la hanche, de l’humérus, de l’avant-bras et du poignet.

Seuls les essais respectant les indications et les doses des traitements ont été retenus.

Principaux résultats

Au total, 23 études randomisées contrôlées ont été incluses (publiées entre 2001 et 2017). Ainsi, les données de 8.644 individus, dont 3.893 traités par tériparatide ont été analysées. Au global, 35% des patients des groupes contrôles ont reçu un placebo et 65% un comparateur actif. Sept études ont évalué exclusivement des femmes ayant une ostéoporose post-ménopausique et 3 exclusivement des hommes. Au total, les hommes représentaient 6,3% de l’ensemble des patients évalués. Et 6,0% des individus ont été suivis dans un contexte d’ostéoporose cortico-induite. L’âge moyen des patients était de 67 ans et la durée médiane du traitement par tériparatide de 18 mois.

Sur l’ensemble des données, 34 cas incidents de fracture de la hanche, 31 de l’humérus, 31 de l’avant-bras et 62 fractures du poignet ont été inclus. Les analyses ont montré que les patients traités par tériparatide avaient une diminution du risque de fracture de la hanche de 56% par rapport aux sujets contrôles (odds ratio 0,44 [0,22-0,87], p=0,019).

En revanche, l’effet du tériparatide sur les autres sites potentiels de fracture évalués n’était pas statistiquement significatif : OR 1,02 [0,50-2,08] pour l’humérus, OR 0,53 [0,26-1,08] pour l’avant-bras, OR 1,21 [0,72-2,04] pour le poignet, p>0,05.

Principales limitations

Le nombre global de fractures de la hanche intégré dans cette méta-analyse reste faible (n=34), et les données de femmes post-ménopausées ont été poolées avec des données d’hommes et de sujets atteints d’ostéoporose cortico-induite. 

Financement

Étude financée par les laboratoires Lilly.