Fosfomycine au premier trimestre de grossesse : réellement sans danger ?

  • Benevent J & al.
  • Infection

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude française de large envergure a évalué le risque d’anomalie congénitale majeure suite à l’exposition à la fosfomycine durant le premier trimestre de grossesse.
  • Celle-ci n’a pas mis en évidence de sur-risque spécifique.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis 2015, la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française recommande la fosmomycine monodose en première ligne de traitement probabiliste de la cystite chez les femmes enceintes. Pour autant, il existe très peu de données dans la littérature sur la sécurité de cette molécule chez elles. D’où l’intérêt de cette étude de grande envergure.

Méthodologie

Les données utilisées proviennent de la base de données française EFEMERIS, qui a inclus les femmes couvertes par le système d’assurance maladie du département de la Haute-Garonne entre le 1er juillet 2004 et le 31 décembre 2018. Cette base de données permet de faire le point sur les médicaments remboursés, prescrits et dispensés chez les femmes enceintes et sur les complications liées à la grossesse.

Principaux résultats

Au total 136.876 femmes enceintes ont été considérées. Parmi elles, 2,0% ont reçu au moins une prescription de fosfomycine et 0,5% de nitrofurantoïne durant le premier trimestre de grossesse. Les autres n’étaient exposées à aucune de ces molécules. Les femmes ayant eu une fausse couche spontanée et celles pour lesquelles une anomalie chromosomique chez l’enfant a été diagnostiquée ont été exclues des analyses. Ces dernières ont montré qu’après 2015, le nombre de femmes exposées à la nitrofurantoïne durant le 1ertrimestre de grossesse a diminué et celles exposées à la fosfomycine a augmenté.

L’exposition à la fosfomycine durant le premier trimestre de grossesse n’a pas été associée à une augmentation du risque d’anomalie congénitale majeure par rapport aux femmes exposées à la nitrofurantoïne ou celles qui n’ont été exposées à aucune de ces molécules, avec respectivement 2,0% versus 2,5% ( odds ratio de 0,80 [0,44-1,47]) et 2,0% versus 2,1% (OR 0,97 [0,73-1,30]).