Fonction pulmonaire et évènements cardiovasculaires : la relation est-elle bidirectionnelle ?

  • Au Yeung SL & al.
  • Thorax

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude de randomisation mendélienne, une bonne fonction pulmonaire a un effet protecteur vis-à-vis de plusieurs coronaropathies et maladies cardiovasculaires, alors que la relation inverse n’est pas retrouvée.

 

Les données observationnelles permettent de penser qu’une bonne fonction pulmonaire, représentée par un volume expiratoire maximum par seconde (VEMS) et/ou par une capacité vitale forcée (CVF) élevés, ont une influence favorable sur le pronostic cardiovasculaire. Cependant, ce type d’études est toujours soumis à un risque de facteur de confusion non identifié, et de causalité inverse. Aussi, des chercheurs anglo-saxons ont conduit une étude de randomisation mendélienne permettant de s’affranchir de ce dernier biais.

Méthodologie

L’étude a été menée à partir des données de la base UK Biobank qui compile les données sociodémographiques, médicales, d’imagerie et de génétique (études d’association pangénomique) de plus de 500.000 personnes. Elle a consisté à identifier les facteurs prédictifs génétiques (SNP) associés à la CVF et au VEMS, puis à les appliquer afin d’évaluer leur influence sur le devenir de la cohorte UK Biobank sur le plan de différentes pathologies et facteurs de risque cardio- et cérébrovasculaires.

Principaux résultats

Les chercheurs ont identifié jusqu'à 260 SNP pour le VEMS pouvant expliquer jusqu'à 3,5% de la variance du paramètre, et 320 SNP pour la CVP, responsables de 4,8% maximum de la variance de la CVF.

Une valeur plus élevée de VEMS ou de CVF était associée à un risque plus faible de maladie coronarienne, d'accident vasculaire cérébral (AVC) et de diabète de type 2. Aucune association n’était retrouvée concernant l'insuffisance cardiaque et une augmentation du risque de fibrillation auriculaire était observée. Ainsi, les odds ratio (OR) respectifs étaient de 0,72 [0,63 -0,82] et 0,70 [0,62 -0,78] par diminution d’un écart-type de ces deux paramètres vis-à-vis du risque de coronaropathie. Ces valeurs étaient de 0,87 [0,77 -0,97] et 0,90 [0,82 -1,00] concernant le risque d’AVC. Par ailleurs, des valeurs plus élevées de VEMS ou de CVF étaient associées à une pression artérielle systolique et à des triglycérides plus faibles. De plus, une CVF élevée était aussi associée à une baisse du LDL-c, du glucose et de l'insuline.

Ces observations ont été confirmées par les analyses de sensibilité qui ont toutefois atténué ces associations, notamment après ajustement sur la taille. Aucune preuve solide n’a pu être identifiée en faveur d'un lien de causalité inverse.