FODMAP et syndrome de l’intestin irritable : que faut-il vraiment en penser ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’efficacité d’une approche alimentaire vis-à-vis du syndrome de l’intestin irritable (SII) reste limitée à un seul régime, le régime FODMAP (Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols), qui préconise des repas sans glucides « fermentescibles ». Certaines études ont suggéré que ce régime pouvait réduire de 50 à 87% les symptômes associés au SII chez l’adulte. Une revue de la littérature publiée dans le Journal of Gastroenterology and Hepatology offre l’opportunité de faire le point sur le sujet. 

Évolution des pratiques

L’application du régime sans FODMAPs est passée de listes rigides d’aliments « permis » et « interdits », à un programme structuré de restriction initiale en FODMAPs suivie par la réintroduction pas à pas de certains aliments. Cette pratique permet une prise en charge personnalisée qui redonne le pouvoir au patient de réintroduire ou non certains aliments en fonction des symptômes ressentis. 

La diète sans FODMAPs a également fait l’objet de controverses concernant son impact délétère sur la flore intestinale. Or, des études contrôlées ont suggéré que la réduction des apports en FODMAPs diminuait certes l’abondance du microbiote intestinal, mais pas sa diversité. Et, l’augmentation des apports en FODMAPs augmentait le nombre de bactéries bénéfiques pour l’organisme. 

Comment prescrire ce régime FODMAP ?

Pour une mise en œuvre optimale du régime FODMAP, il est préférable que celui-ci soit préconisé et suivi par un médecin ou par un/une diététicien(ne).

Le protocole structuré comporte 3 phases :

  • Une phase de restriction en FODMAPs permettant de restreindre temporairement leur consommation au-dessous d’un seuil arbitraire.
  • Une phase de test de provocation avec réintroduction progressive de certains FODMAPs pour identifier leur impact.
  • Puis une phase de personnalisation des aliments conservés ou évités en fonction des symptômes ressentis.

Si ce protocole convient à la majorité des sujets, il peut présenter des inconvénients notamment chez les individus qui ont d’autres restrictions alimentaires et qui pourraient être à risque de déséquilibres nutritionnels ou chez les personnes ayant des troubles du comportement alimentaire.

Faut-il opter pour le régime FODMAP doux ?

Une alternative au régime décrit ci-dessus est un régime FODMAP « doux », qui consiste à réduire quelques aliments fortement concentrés en FODMAP (lait, oignons, légumineuses, édulcorants polyols, son de blé, jus de pruneau) et/ou à réduire quelques FODMAPs bien ciblés.  En cas d’échec, cette méthode plus douce présente l’inconvénient, de ne pas savoir si celui-ci est lié ou non à une restriction insuffisante.

Quelles difficultés en pratique ?

La première difficulté est de faire face à des patients qui hésitent à réintroduire des aliments contenant des FODMAP après une diminution franche des symptômes lors de la phase de restriction. Une approche psychologique associée peut aider ces sujets à accepter la réintroduction progressive.

La seconde difficulté se situe dans l’absence de réponse ou dans une réponse partielle. Plusieurs raisons devront être envisagées : un diagnostic de SII erroné (maladie coeliaque non traitée, hypersensibilité protéique) ; une mauvaise adhésion ou observance au régime sans FODMAPs ; une alimentation initiale faible en FODMAPs ou encore un patient ayant un phénotype de SII moins sensible aux FODMAPs.