Focus sur les tendances liées à la périnatalité en France entre 1995 et 2016

L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. Inscrivez-vous gratuitement

L’évolution des connaissances scientifiques, des recommandations de prise en charge et de l’organisation du système de soins influence également le domaine de la périnatalité en France. Les statistiques annuels des naissances couvrent un champ limité d’indicateurs. Des enquêtes de périnatalité sont régulièrement menées en France (1995, 1998, 2003, 2010 et 2016) afin de collecter des données sur la santé, les soins, les habitudes maternelles, les facteurs de risque liés à cette période. Ces données constituent des indicateurs intéressants pour faire évoluer les politiques de santé publiques. Nous vous présentons ici les résultats de celle qui a été réalisée en 2016.

Méthodologie

  • Toutes les naissances en vie, survenues dans le secteur public et privé en France durant une semaine définie en 1995, 1998, 2003, 2010 et 2016 ont été enregistrées et incluses dans l’étude.
  • Les femmes ont ensuite été interviewées en post-partum et les dossiers médicaux ont été comparés d’une année à l’autre.
  • Les facteurs de risque maternels, les habitudes de vie préventives, les soins anténataux et périnataux et la survenue de conséquences pour la mère et l’enfant ont été analysés.

Résultats

  • En 2016, sur les 497 unités de maternité opérationnelles en métropole, quatre ont refusé de participer (soit 120 naissances manquantes), et 579 femmes (594 naissances) n’ont également pas participé pour différentes causes (mineures, enfants mort-nés, problèmes de langue…).
  • Au global, l’enquête de 2016 a inclus 13.148 femmes et 13.384 enfants, contre 13.147 femmes et 13.318 enfants en 1995, 14.482 femmes et 14.737 enfants en 2003 et 14.681 femmes et 14.903 enfants en 2010.
  • Entre 1995 et 2016, l’âge maternel, l’indice de masse corporel, la prévalence du diabète gestationnel et le niveau d’éducation des mères ont régulièrement augmenté. La proportion de mères de 35 ans et plus a augmenté de 12,5% à 21,3% entre 1995 et 2016 et la proportion de femmes ayant un IMC ≥30 kg/m2 de 7,5% en 2003 à 11,8% en 2016. En 2010, 92,8% des femmes interrogées étaient indemnes de diabète, contre 89,2% en 2016.  
  • Le taux d’utilisation de la pilule avant la grossesse a diminué entre 2010 et 2016 (de 73,8% à 62,8%, p<0,001) au bénéfice d’autres méthodes contraceptives (dispositifs intra-utérins, implants, préservatifs, méthodes naturelles de contrôle des naissances).
  • Les grossesses survenues chez des personnes sous contraceptif ont augmenté de 7,4% en 2010 à 9,3% en 2016.
  • Bien que l’utilisation pré-conceptionnelle d’acide folique ait augmenté, seules 23,2% des femmes en 2016 en prenaient.
  • Le tabagisme durant la grossesse n’a pas diminué depuis 2010 (16,6%).
  • La réalisation de plus de trois échographies durant la grossesse est passée de 48,5% en 1995 à 74,7% en 2016.
  • Les accouchements dans les grands hôpitaux ont augmenté régulièrement.
  • Le taux de césarienne est resté relativement stable entre 2003 (20,4%), 2010 (21,1%) et 2016 (20,4%).
  • Le taux d’accouchement déclenché était de 22% en 2010 et 2016.
  • Globalement, 83,8% des femmes bénéficiaient d’une anesthésie en péridurale en 2016, ce pourcentage ayant augmenté progressivement depuis 1995 (53,9%).
  • En 2016, le taux de naissances prématurées se situait entre 6,0% et 7,5% selon que l’on considère les naissances uniques ou toutes les naissances. Pour les naissances uniques, ce taux a augmenté régulièrement depuis 1995, alors qu’aucune tendance claire concernant le faible poids de naissance n’a pu être mise en évidence.
  • L’allaitement exclusif a diminué de 60,3% en 2010 à 52,2% en 2016.

Limitations

Certaines caractéristiques des mères ou des soins anténataux peuvent présenter des biais du fait de l’absence de participation de certaines femmes à l’enquête. Les comparaisons entre années doivent être interprétées avec précaution.

Financements

Étude financée par le Ministère de la Santé, des fonds publics et par Santé publique France.

À retenir

Selon ses auteurs, cette enquête d’évaluation sur les naissances en routine en France montre l’évolution et le succès de certaines actions de réorganisation des soins dans le domaine et pointe le fait qu’une attention doit encore être portée sur les habitudes de vie et certains facteurs de risque.