Flambée des cas d’hépatite A : quelle incidence sur les dons de sang ?

  • Gallian P & al.
  • Euro Surveill
  • 1 mai 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Bien que rare, la détection du virus de l’hépatite A dans les dons de sang en France a été multipliée par 5 en 2017, année de flambée épidémique, par rapport à 2015-2016, selon une étude publiée conjointement par le LFB (Laboratoire Français de franctionnement et des Biotechnologies), l’EFS et Santé Publique France. Le sex ratio montre une prédominance masculine des cas durant cette période, au contraire des années précédentes. Les souches incriminées étaient majoritairement celles retrouvées chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), alors qu’un seul des 11 donneurs infectés a déclaré l’être.
  • Ces résultats suggèrent que les facteurs de risque sexuels sont sous-déclarés, insuffisamment étudiés ou que d’autres groupes à risque sont plus volontiers contaminés (contacts directs, consommation de fruits de mer…) en cas de circulation plus importante du virus. Le taux de femmes infectées depuis fin 2017 va en ce sens.
  • Un cas de transmission liée à la transfusion a été identifié, bien que ces cas soient décrits comme particulièrement rares. Ce risque de transmission pourrait être réduit par une sensibilisation suffisante des donneurs à la nécessité de prévenir le centre de collecte immédiatement lors de l’apparition de symptômes possiblement associés à l’hépatite A.

Pourquoi est-ce important ?

Des flambées épidémiques liées au virus de l'hépatite A (VHA) sont observées en Europe, dont la France, depuis la mi-2016, et touchent principalement les HSH. Depuis, l’évolution de l’épidémiologie, et notamment le sex ratio des cas observés, laisse penser que d’autres voies de contamination pourraient aussi être déterminantes (eau de boisson, consommation de fruits de mer, fruits ou légumes contaminés, contact avec une personne infectée). Il était intéressant d’évaluer dans quelle mesure ces infections, qui restent rares, pouvaient concerner les dons de sang et quels étaient les facteurs de risque d’infection des donneurs associés aux cas d’hépatite A par transfusion..

Principaux résultats

  • En 2015-2016, cinq donneurs de sang ont été testés positivement sur 5,84 millions de dons, soit 0,86 cas pour 106 dons, avec un sex ratio hommes-femmes de 0,7. En 2017, ce chiffre était de 13, soit 4,4 cas pour 106 dons, dont 12 liés au génotype IA. Un pic à 9,4 cas pour 106 dons a été observé entre avril et juillet 2017.
  • Sur 2015-17, tous les donneurs identifiés comme infectés étaient asymptomatiques au moment du don, et 16 ont développé des signes, dont 13 dans les 2 à 12 jours suivants le don. Le principal facteur de risque retrouvé chez ces sujets était la consommation de fruits de mer (n=7) et une personne se déclarait HSH.
  • Parmi les dons issus de ces patients, 3 concentrés de globules rouges et 9 concentrés plaquettaires ont été transfusés avant la détection. Un cas d’hépatite A transmis par transfusion a été retrouvé.