FIELD : deux fois moins d’accès goutteux après cinq ans de traitement par fénofibrate chez les sujets DT2

  • Waldman B & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 26 févr. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les analyses post hoc des résultats de l’étude FIELD suggèrent qu’un traitement par fénofibrate micronisé 200 mg/j pourrait réduire de 20% la concentration en acide urique et diviser par deux le risque d’accès goutteux sur cinq ans.

Pourquoi est-ce important ?

Dans les pays à revenus importants où les taux d’obésité et la consommation d’alcool sont importants, 2 à 4% de la population seraient atteints de goutte et 25% auraient une hyperuricémie (acide urique sérique >7 mg/dL ou 0,42 mmol/L)1,2. Des études de faible envergure avaient déjà mis en évidence l’impact positif du fénofibrate sur la diminution de l’acide urique et la fréquence des accès de goutte sur un court terme. Cependant, le maintien de ce bénéfice dans le temps n’était pas connu.

Principaux résultats

  • Au total, 9.795 patients ont été randomisés entre 1998 et 2000, 4.895 dans le groupe fénofibrate micronisé 200 mg/j et 4.900 dans le groupe placebo. La concentration en acide urique a diminué de 20,2% [19,9-20,5] durant les 6 semaines de pré-randomisation au cours de laquelle les sujets étaient traités par fénofibrate (soit une réduction de 0,06 mmol/L ou d’1 mg/dL). Cette diminution s’est maintenue à un an, chez les sujets qui ont continué à être traités par fénofibrate par rapport à ceux sous placebo (-20,1% [18,5-21,7], p
  • Dans le groupe placebo, 151 (3%) premiers événements de goutte ont été notifiés sur la période des 5 ans, contre 81 (2%) dans le groupe fénofibrate (hazard ratio de 0,54 [0,41-0,70], p
  • Parmi les sujets traités par placebo et ayant une concentration en acide urique à l’inclusion supérieure à 0,36 mmol/L ou supérieure à 0,42 mmol/L, respectivement 7,7 et 13,9% d’entre eux ont eu un premier épisode de goutte durant le suivi, contre respectivement 3,4 et 5,7% dans le groupe traité par fénofibrate.
  • La réduction du risque d’accès de goutte était similaire quel que soit le sexe, la présence d’une dyslipidémie ou la prise d’un traitement diurétique.
  • En considérant tous les évènements goutteux sur cinq ans, le traitement par fénofibrate a divisé le risque par deux par rapport au placebo (HR 0,48 [0,37-0,60], p

Méthodologie

L’étude Fenofibrate Intervention and Event Lowering in Diabetes (FIELD) est une étude prospective, randomisée, contrôlée vs placebo dont l’objectif principal était d’évaluer le risque de décès d’origine cardiaque et d’infarctus du myocarde non fatal de sujets diabétiques de type 2 traités par fénofibrate micronisé 200 mg/j ou placebo.

Principales limitations

La goutte n’était pas un critère pré-spécifié, il a été analysé prospectivement par le recueil de tous les effets indésirables.