Fibrose rénale : une mauvaise façon de vieillir ?


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
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A la suite d’une agression prolongée ou sévère du rein, une fibrose apparaît dans le tissu de cet organe, pouvant conduire à une insuffisance rénale chronique. Le mécanisme de formation de cette fibrose est complexe et loin d’être totalement élucidé. L’une de ses étapes est l’arrêt de la prolifération des cellules tubulaires proximales, nécessaire à la régénération du tissu rénal endommagé. Ces cellules restent bloquées au stade G2-M du cycle cellulaire (transition entre la réplication chromosomique et centrosomique et la mitose proprement dite) et sécrètent alors des facteurs favorisant la fibrose.

Une équipe franco-américaine (INSERM – AP-HP – Harvard Medical School) vient de montrer que ce phénomène est lié à l’activation d’une voie de signalisation cellulaire spécifique, passant par la formation de structures cellulaires particulières (membranaires), dites TASCCs ( Target of rapamycin-autophagy spatial coupling compartments ). Cette voie induit une sécrétion de facteurs pro-fibrotiques analogue à celle qui est associée au mécanisme de la sénescence cellulaire. De plus, l’équipe a mis en évidence qu’une cycline atypique, G1, favorise l’arrêt au stade G2-M des cellules tubulaires proximales et la formation de TASCCs dans un modèle murin, ce qu’elle a retrouvé chez des patients ayant une insuffisance rénale chronique.

Dans des cultures de cellules tubulaires proximales, empêcher la formation des TASCCs provoque l’arrêt de la sécrétion de facteurs pro-fibrotiques. En outre, l’inactivation d’un composant de ces TASCCs, spécifique aux cellules tubulaires proximales, ralentit la progression vers la fibrose chez des souris ayant une insuffisance rénale chronique. Enfin, la suppression de la cycline G1 entraîne le raccourcissement de la phase G2-M du cycle cellulaire (et donc la reprise de celui-ci) et la formation des TASCCs in vivo .

Les productions de G1 et de TASCCs ont également été observées dans la fibrose hépatique.

Ces résultats offrent une voie possible vers de nouvelles cibles thérapeutiques, non seulement pour la fibrose rénale, mais peut-être pour tous les types de fibrose d’organes.