Fibrose pulmonaire idiopathique : les IPP peuvent-ils diminuer la fréquence de la toux ?

  • Dutta P & al.
  • Thorax
  • 4 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La première étude clinique pilote randomisée ayant évalué l’intérêt de l’oméprazole sur la toux chronique associée à la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) suggère que l’IPP pourrait effectivement être associé à un bénéfice clinique, combiné à une tolérance acceptable. Elle décrit aussi la faisabilité de l’étude, avec un taux de participation et d’adhérence au traitement satisfaisant. Des études plus poussées sont maintenant nécessaires pour conforter l’intérêt clinique du traitement, tout en surveillant le risque d’infections respiratoires basses et l’évolution de la fonction pulmonaire.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

On estime que 80% des patients souffrant de FPI présentent une toux chronique. Parallèlement, il existe des données suggérant que la maladie de reflux gastro-œsophagien pourrait contribuer à ce phénomène respiratoire. Les traitements anti-acides sont ainsi utilisés en pratique clinique, malgré l’absence d’études randomisées dédiées en ayant décrit le rapport bénéfice-risque. Cette étude pilote proposait d’évaluer la faisabilité et l’intérêt d’une telle étude.

Méthodologie

Le protocole prévoyait de recruter dans un centre expert des patients de 40-85 ans souffrant de FPI. Ils ont été randomisés en aveugle entre une prise d’oméprazole 20 mg et celle d’un placebo 2 fois par jour pendant 90 jours. Pour être inclus, les patients recevant d’éventuels traitements du RGO devaient les arrêter lorsque cela était cliniquement possible.

Résultats

  • Au total, 45 patients ont été randomisés entre les deux traitements. Les données de 20 d’entre eux étaient analysables à l’issue du suivi. La durée médiane de traitement était de 86 jours et de 87,5 jours sous oméprazole et placebo respectivement. L’observance était supérieure dans le groupe oméprazole. Si tous les patients ont accepté les évaluations non invasives, une minorité seulement a accepté la conduite des tests invasifs.

  • À l’inclusion, la moyenne géométrique de la fréquence de toux était de 8,2 et de 9,1 par heure dans les groupes oméprazole et placebo respectivement, et passait à 4,6 et 8,3 par heure à l’issue du suivi, soit une réduction de 39,1% (NS, par manque de puissance statistique).

  • Les questionnaires dédiés aux symptômes rapportés par les patients (score LCQ) et au reflux (DeMRQ, GIQLI, RSI) n’étaient pas différents entre les deux groupes, à l’inclusion comme à l’issue du suivi.

  • En termes de sécurité, les évènements indésirables concernaient 70% du groupe oméprazole et 64% du groupe placebo avec notamment une fréquence des infections respiratoires basses de 26% et 14% respectivement et celle des infections urinaires de 9% contre aucune, tandis que les vomissements étaient plus fréquents sous placebo (18% vs 9%).

Principales limitations

L’étude n’a pas permis de définir la dose optimale d’oméprazole et laisse ouverte la question de la représentativité de la cohorte recrutée par rapport à la réalité clinique de la maladie.

Financement

L’étude a reçu un financement d’une fondation britannique.