Fibromyalgie : et si la nutrition avait un rôle ?

  • Bjørklund G & al.
  • Biomed Pharmacother
  • 1 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La fibromyalgie est un syndrome douloureux d’origine non articulaire, associé à une fatigue diffuse, et à toute une cohorte de symptômes fonctionnels, de troubles du sommeil, troubles dépressifs, gastro-intestinaux, … C’est une maladie chronique complexe dont l’étiologie est encore inconnue. Sa prévalence serait entre 0,2 et 6,6% dans la population générale, entre 0,7 et 11,4% en zone urbaine, entre 2,4 et 6,8% chez les femmes et atteindrait jusqu’à 15% chez les sujets ayant eu des traumatismes sévères. 

Une revue de la littérature publiée dans Biomedecine & pharcocotherapy montre que récemment, il a été évoqué que des déséquilibres nutritifs, notamment en sels minéraux essentiels et en vitamines, pourraient jouer un rôle important dans le développement de cette pathologie. Les douleurs musculaires ont été associées à des carences en acides aminés, magnésium, sélénium, vitamine B et D, ainsi qu’aux effets délétères des métaux lourds (mercure, cadmium, plomb). 

Par ailleurs, des données indiquent que les déficits de certains nutriments essentiels pourraient perturber les mécanismes inhibiteurs de la douleur, favoriser la fatigue ainsi que d’autres symptômes liés à la fibromyalgie.

Il semblerait que la supplémentation par antioxydants et substances anti-ischémiques (tels que le sélénium, les précurseurs des acides aminés, la carnosine, la taurine, la mélatonine, les flavonoïdes, …) pourrait représenter une approche intéressante chez les sujets atteints de fibromyalgie. 

Des données de la littérature ont également suggéré que l’augmentation de l’IMC pourrait être corrélée à la sévérité des symptômes en lien avec la fibromyalgie. Encore une fois, des déséquilibres nutritionnels sont évoqués, des études ont montré des taux plasmatiques significativement plus bas en valine, leucine et isoleucine chez des individus obèses souffrant de fibromyalgie. D’autres évoquent un déficit de la métabolisation du tryptophane et de la sérotonine.

Les auteurs de cette publication mentionnent qu’une approche nutritionnelle basée sur l’apport de certains sels minéraux et vitamines pourrait être intéressante chez les sujets atteints de fibromyalgie, en comblant certains déficits, combattant le stress oxydant et soutenant le système immunitaire. Plusieurs études ont mis en évidence les bénéfices sur les symptômes de la fibromyalgie d’une alimentation riche en fruits et légumes riches en nutriments anti-oxydants. 

Cependant, toutes ces hypothèses méritent d’être évaluées par des études randomisées et contrôlées de bonne qualité méthodologique.