Fibromyalgie : comment la reconnaître ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Qui est concerné par la fibromyalgie ?

Selon l’étude DEFI, la prévalence de la fibromyalgie serait de 1,6% au sein de la population générale. Celle-ci concernerait 7 à 10 fois plus souvent les femmes que les hommes. Elle entre dans la classification des douleurs sans lésion en rapport avec un défaut de modulation de la douleur selon la classification IASP. Le délai diagnostique est long, estimé à 5 ans environ. Certaines formes cliniques débutent très tôt dès l’enfance et d’autres plus tardivement après la ménopause notamment. La fibromyalgie peut survenir de manière progressive ou brutale, sur un terrain prédisposant (hormonal, génétique, psychologique, traumatique,…) ou être favorisée par une infection, un traumatisme, une chirurgie, des médicaments…

Quels sont les principaux symptômes ?

Les symptômes observés touchent essentiellement les aponévroses (ou fascias), avec des douleurs initiales généralement localisées puis plus diffuses ensuite. De nombreux symptômes peuvent être associés et sont à rechercher systématiquement : douleurs thoraciques, troubles fonctionnels intestinaux, prurit, vessie irritable, douleur de l’articulation temporo-mandibulaire, flou visuel, œil sec, nausées, céphalées, acouphènes, troubles de la concentration…. Les douleurs décrites, dites « nociplastiques » ressemblent à des douleurs neuropathiques (brûlures, fourmillements, décharges électriques…) mais sans qu’il n’y ait pour autant de lésion nerveuse identifiée. Enfin, difficulté diagnostique supplémentaire, les symptômes sont fluctuants et peuvent migrer d’un site à l’autre, d’un organe à l’autre…

À l’interrogatoire, les patients parlent de douleurs constantes, généralement sévères, évoluant par intermittence. L’asthénie est rapportée par 80% des patients, les troubles du sommeil par 75%, le dérouillage matinal par 80%, les migraines et céphalées de tension par 50% et les troubles digestifs par 30%. Plus rarement, les patients évoquent un syndrome de Raynaud, des paresthésies distales, des acouphènes, des dysménorrhées, des troubles urinaires… L’absence de lésion articulaire structurale, de déficit/faiblesse musculaire ou de signes évocateurs d’une pathologie endocrinienne est importante à vérifier. L’examen physique est par ailleurs normal.

Quels outils pratiques pour diagnostiquer la fibromyalgie et en évaluer la sévérité ?

Une équipe française a validé en 2010 un outil pratique de dépistage de la fibromyalgie, le Fibromyalgia Rapid Screening Tool (FiRST), qui est sensible et spécifique à 90% pour un score de 5 sur 6. Il s’agit d’un auto-questionnaire simple en 6 questions. D’autres outils diagnostiques existent, comme le Fibrodetect en 14 questions dont la sensibilité est de 90% et la spécificité de 67% pour un score supérieur ou égal à 6 sur 14. Les examens complémentaires doivent être limités mais sont utiles pour identifier d'éventuelles pathologies associées ou mener un diagnostic différentiel.

Un autre outil, le Questionnaire d’Impact de la Fibromyalgie (QIF côté de 0 à 100) permet d’évaluer la sévérité de la FM (forme mineure pour un QIF

Les critères diagnostiques de 1990 ont été beaucoup critiqués ces dernières années. Aujourd’hui, ce sont les critères ACR 2010, révisés en 2016 qui prévalent. Les critères retenus sont : des douleurs diffuses, touchant au moins 4 régions du corps sur 5 ; des symptômes depuis au moins 3 mois ; l’association d’un score de douleurs diffuses >7 et d’un score de sévérité >5 ou d’un score de douleurs diffuses de 4-6 et d'un score de sévérité >9. Le diagnostic de fibromyalgie n’exclut pas une pathologie associée. Ces critères sont utiles mais doivent être complétés par l’histoire médicale du patient, de son parcours de vie et des résultats de l'examen clinique.