Fibrillation auriculaire et maladie coronarienne stable : la monothérapie par anticoagulant oral supérieure à l’association avec un antiplaquettaire

  • Lee SR & al.
  • Am J Cardiol
  • 15 sept. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire (FA) et ayant une maladie coronarienne stable,  l’association d’un anticoagulant oral à un antiplaquettaire majorerait le risque de saignement majeur et d’événements indésirables nets (thrombotiques ou hémorragiques), par rapport à une monothérapie anticoagulante.
  • Les deux types de traitement montrent par ailleurs des résultats similaires en termes d’efficacité (événements cardiovasculaires majeurs, AVC, décès toutes causes).

 

 

La maladie coronaire est accompagnée d’une fibrillation auriculaire chez un tiers des patients. Pour ceux qui souffrent de FA et dont la maladie coronarienne est stable depuis plus d’un an après un événement coronarien aigu ou une intervention coronarienne percutanée (ICP), les recommandations préconisent un traitement anticoagulant oral (ACO) en monothérapie ou associé à un antiplaquettaire. Des études observationnelles et de registre ont évalué l’efficacité et la sécurité de ces traitements dans cette population, mais le seul essai contrôlé randomisé réalisé n’avait pas permis de définir de traitement optimum. 

L’association ACO + antiplaquettaire augmente le risque de saignement majeur par rapport aux ACO seuls

Une équipe coréenne a donc réalisé une méta-analyse pour comparer l’efficacité et la sécurité d’un traitement par anticoagulant oral seul ou associé à un antiplaquettaire. Les analyses ont été menées sur 8.855 patients issus de 6 essais présentant une maladie coronarienne stable et une FA non valvulaire. Seuls 8,6% d’entre eux prenaient des anticoagulants d’action directe (AOD). Les résultats montrent que l’association d’un ACO à un antiplaquettaire augmente le risque de saignement majeur par rapport à une monothérapie anticoagulante (Hazard Ratio poolé (HR) 1,61 [1,38-1,87]). 

Moins d’événements thrombotiques et hémorragiques sous monothérapie par ACO

En revanche, il n’est apparu aucune différence significative entre ces deux types de traitement en ce qui concerne la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs (HR 1,09 [0,92-1,29]), d’AVC (HR 0,99 [0,70-1,40]) ou les décès toutes causes (HR 1,07 [0,91-1,27]). L’analyse en sous-groupe a cependant fait apparaître un bénéfice de la monothérapie (vsassociation ACO + antiplaquettaire) sur le risque d’événement cardiovasculaire majeur chez les sujets ayant eu un infarctus du myocarde (HR 1,35 [0,96-1,88]).

Lorsque l’ensemble des événements indésirables était pris en compte (événements indésirables nets, thrombotiques et hémorragiques), les résultats étaient nettement en défaveur de l’association ACO + antiplaquettaire (HR 1,21 [1,02-1,43]). Et le bénéfice d’une monothérapie par ACO apparaissait de façon plus marquée chez les sujets qui avaient des antécédents d’infarctus du myocarde.