Fibrillation atriale paroxystique : évaluation du risque thrombo-embolique


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Dans une cohorte de 1.965 sujets, l’importance de la fibrillation atriale paroxystique (déterminée par le temps passé en FA et la durée du plus long épisode de FA après monitorage ambulatoire sur 14 jours) qui n’était pas traitée était associée à un risque accru d’évènement thrombo-embolique (AVC ischémique, thrombose artérielle), même après ajustement sur les facteurs de risque connus. Si individuellement, l’augmentation du temps passé en FA était associée à un taux d’évènements accru, celle de la durée du plus long épisode de FA ne conduisait pas à une telle corrélation.
  • Selon l’éditorial associé, il existe une relation de type dose-réponse entre l’importance de la FA et son risque associé. Aussi, les patients ayant un faible score CHA2DS2-VASc mais ayant passé un temps significatif en fibrillation pourraient tirer bénéfice d’un traitement anticoagulant.

Pourquoi est-ce important ?

Les recommandations concernant la prophylaxie par anticoagulant en cas de FA s’articulent essentiellement autour du risque inhérent au patient, afin d’équilibrer le bénéfice-risque ischémie vs hémorragie d’un tel traitement. Il existe peu de travaux ayant étudié dans quelle mesure le temps passé en FA pouvait influencer le risque individuel et justifier ou non une adaptation thérapeutique. L’analyse de la cohorte rétrospective KP-RYTHM permet de se faire une idée sur la question à partir des données de patients américains ayant bénéficié d’un ECG ambulatoire durant 14 jours, sans ou avant qu’ils ne soient sous traitement anticoagulant.

Principaux résultats

  • Les 1.965 sujets inclus dans l’analyse étaient en moyenne âgés de 69 ans (55% d’hommes) et présentaient des scores médians ATRIA (Anticoagulation and Risk Factors in Atrial Fibrillation) et CHA 2 DS 2 -VASc de 4 et de 3 respectivement.
  • Le pourcentage médian de temps passé en FA et la durée médiane du plus long épisode étaient de 4,4% et de 171 minutes respectivement.
  • Au total, 29 évènements thombo-emboliques ont été recensés (dont 19 AVC ischémiques) chez les sujets non traités : l’incidence des évènements thrombo-emboliques non ajustée était 215% supérieur chez ceux appartenant au tertile le plus élevé d’impact de la FA, par rapport aux deux autres tertiles (HR : 3,15 [1,51-6,61]). L’ajustement selon les 2 scores ATRIA et CHA 2 DS 2 -VASc ne modifiait pas cette association. Les données étaient les même chez les seuls sujets ayant des antécédents thrombo-emboliques.

Méthodologie

L’étude a été conduite à partir des données rétrospectives de 1.965 patients recrutés dans l’étude KP-RYTHM entre octobre 2011 et octobre 2016, présentant une FA paroxystique confirmée et suivis jusqu’en novembre 2016. Les données avant traitement ont été analysées.

Limitations

Les raisons pour lesquelles le patient avait bénéficié d’un monitorage ou ne recevait pas d’anticoagulant n’étaient pas connus. Par ailleurs, le nombre d’évènements était insuffisant pour déterminer leur fréquence chez les sujets ayant un score CHA 2 DS 2 -VASc faible. Enfin, il n’était pas possible de déterminer le lien de causalité entre les deux paramètres évalués.

Financement

Étude financée par iRhythm Technologies, Inc.