Fibrillation atriale non valvulaire : tous les patients français ne sont pas traités conformément aux recommandations

  • Maura G & al.
  • BMJ Open
  • 20 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La première é tude française consacrée à l’évolution de la prescription des anticoagulants oraux dans la fibrillation atriale (FA) depuis la mise à disposition des anticoagulants oraux non antivitamine K d’action directe (AOD) a été publiée par le BMJ Open . Elle montre que la prescription des anticoagulants oraux reste sous-optimale : si la part des AOD a augmenté et constitue notamment le traitement de choix chez les plus âgés, à risque d’AVC, d’autres groupes de patients pourraient bénéficier d’une amélioration de la prescription d’anticoagulants oraux que ce soit en terme de choix de molécules (encore trop d’AVK prescrits) ou de posologie d’initiation.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les recommandations privilégient aujourd’hui les AOD dans la prévention de l’AVC chez les sujets souffrant de FA non valvulaire, et préconisent de ne pas utiliser d’agents antiplaquettaires, sauf contextes particuliers. Les AOD, plus faciles à monitorer nécessitent toutefois un certain nombre de précautions, notamment posologiques, afin d’éviter de réduire le risque hémorragique. Il était intéressant, à l’instar d’autres pays, d’évaluer dans quelle mesure l’évolution de l’offre thérapeutique et des recommandations se sont implantées dans la pratique clinique française.

Méthodologie

L’étude a été menée à partir des données de l’Assurance Maladie : tous les patients identifiés comme souffrant de FA en 2011, 2013 et 2016, ainsi que tous ceux qui débutaient un traitement par AOD en 2015-2016 ont été inclus. L’objectif était de décrire les tendances temporelles dans la prescription des différentes classes thérapeutiques et de décrire le profil des patients FA placées pour la première fois sous AOD.

Principaux résultats

  • Entre 2011 et 2016, le nombre de patients présentant une FA a augmenté de 853.440 à 1.098.657 personnes. La part de ceux qui avaient reçu au moins une prescription d’AOD a augmenté de 16% (65,8 vs 56,7% des sujets FA) tandis que ceux ayant été traités par antiplaquettaire a diminué de 22% (40,8 vs 56,6%), mais les AVK restaient l’anticoagulant principal en 2016, puisqu’ils étaient plus susceptibles d’être prescrits globalement (62%), y compris chez les sujets les plus âgés (67% chez les plus de 75 ans) ou chez ceux ayant des antécédents d’évènements thrombo-emboliques artériels (ETEA) (63,5%). Par ailleurs, 32,5% des patients FA avaient au moins bénéficié d’un remboursement de prescription d’antiplaquettaires.

  • Parmi les patients FA identifiés comme étant de nouveaux utilisateurs d’AOD (n=192.851), les AOD étaient privilégiés (66,3%, principalement par apixaban) y compris en cas d’antécédents d’ETEA (57,8%) et d’âge ≥75 ans (59,4%). Parmi eux, 8,5% présentaient une pathologie valvulaire. Dans 30% des cas, il existait une prescription concomitante à risque de saignement et dans 40% des cas, les posologies prescrites étaient réduites par rapport aux recommandations.

Principales limitations

Le diagnostic de FA était établi à partir des données administratives et l’observance des prescriptions ne pouvait être garantie.