Faut-il traiter les sujets ayant un œdème maculaire et une bonne acuité visuelle ?

  • Baker CW & al.
  • JAMA
  • 29 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez des sujets souffrant d’œdème maculaire diabétique central avec une acuité de 20/25 ou plus, une étude a comparé l’effet sur la vision d’un traitement par aflibercept, une photocoagulation au laser ou un simple suivi observationnel versus la prise en charge par aflibercept en plus de la photocoagulation par laser ou du suivi observationnel. Les résultats montrent qu’il n’y aurait pas de différence significative de perte de vision à 2 ans entre les groupes initialement traités par aflibercept, photocoagulation par laser ou ayant simplement bénéficié d’un suivi observationnel. Ainsi, chez les sujets ayant un œdème maculaire avec une bonne acuité visuelle, un suivi observationnel semble suffisant.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Dans les années 2010, il a été démontré que des injections intravitréennes d’antiangiogéniques (anti-VEGF) étaient supérieures à la photocoagulation chez les patients présentant un œdème maculaire diabétique (OMD) central et une acuité visuelle de 20/32 ou inférieure. En revanche, les données manquent pour traiter les sujets ayant un OMD central et une acuité visuelle de 20/25 ou plus. Or, nombreux patients sont dans cette catégorie.

Méthodologie

Cette étude randomisée multicentrique (91 sites aux États-Unis et au Canada) a inclus des adultes diabétiques de type 1 et 2 présentant un œdème maculaire et une acuité visuelle de 20/25 ou plus. Les sujets ont été randomisés entre un groupe aflibercept 2,0 mg, photocoagulation par laser ou suivi observationnel simple. Si l’acuité visuelle était impactée (diminution de la capacité de lecture d’au moins 10 lettres quelle que soit la visite de suivi ou de 5 à 9 lettres sur 2 visites consécutives) dans les deux derniers groupes, l’aflibercept était alors initié. Dans le premier groupe, l’aflibercept était administré à l’inclusion puis une nouvelle injection était effectuée si la vision se dégradait après évaluation toutes les 4 semaines.

Principaux résultats

Au total, 702 sujets ont été inclus (un seul œil par participant), dont 226 ont été traités d’emblée par aflibercept, 240 par photocoagulation au laser et 236 ont bénéficié d’un simple suivi observationnel. L’âge moyen des participants était de 59 ans, 38% étaient des femmes, et l’acuité visuelle moyenne des lettres à l’inclusion était de 85,2 (équivalent du 20/20).

  • L’aflibercept a été initié chez 25% et 34% des sujets dans le groupe photocoagulation par laser ou suivi observationnel. 
  • Au total, 16, 17 et 19% des yeux évalués traités respectivement par aflibercept, photocoagulation par laser et suivi observationnel ont eu une diminution de l’acuité visuelle de 5 lettres ou plus au cours des 2 années de suivi, soit un ratio de risque sans différence significative entre les groupes. 
  • À 1 et 2 ans, l’acuité visuelle moyenne (équivalent Snellen) était de 20/20 dans chaque groupe. La proportion d’yeux ayant une acuité visuelle ≥20/20 à 2 ans était significativement supérieure dans le groupe aflibercept par rapport au groupe observationnel mais il n’y avait pas de différence significative avec le groupe photocoagulation au laser. 

Principales limitations

Les visites de suivi variaient en fonction du groupe de traitement et de l’aspect clinique des yeux.