Faut-il traiter de la même manière une polyarthrite rhumatoïde séronégative et séropositive ?

  • Lukas C & al.
  • Arthritis Res Ther
  • 15 nov. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Il est maintenant bien admis que les patients porteurs d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) avec un statut sérologique ACPA positif ont un risque accru de développer des érosions. En revanche, il existe moins de données sur le pronostic en cas de PR séronégative. Une équipe française a montré que l’introduction précoce d’un DMARD conventionnel, c’est-à-dire dans les 3 mois suivant l’apparition des premiers symptômes était le seul facteur prédictif d’une bonne réponse thérapeutique selon les critères EULAR chez les patients séronégatifs, le méthotrexate (MTX) étant le plus fréquemment prescrit. Cette étude suggère que, plus que les caractéristiques cliniques, biologiques ou radiographiques à l’inclusion, c’est la prise en charge précoce qui compte. Ainsi, le statut sérologique d’un patient ne devrait pas modifier de manière majeure la conduite thérapeutique qui doit rester basée sur un traitement précoce, avec un contrôle rapproché et un traitement orienté sur l’objectif de rémission. 

Protocole de l’étude

Cette étude française, longitudinale, prospective basée sur la cohorte ESPOIR (Étude et Suivi des Polyarthrites Indifférenciées Récentes) a inclus des sujets ayant une arthrose inflammatoire répondant aux critères ACR/EULAR malgré une négativité des dosages en facteur rhumatoïde et en anticorps anti-CCP. 

Principaux résultats

Au total, les données de 172 patients ont été analysées (âge moyen 49,5 ans, 80,8% de femmes). À l’inclusion, le DAS28 moyen était de 5,5, le nombre moyen d’articulations gonflées était de 9,0 et le nombre moyen d’articulations douloureuses de 11,7. Le MTX était le DMARDs le plus fréquemment prescrit (57%).

À 1 an, 66% des patients ont eu une réponse bonne à modérée selon les critères EULAR. En analyse multivariée, seule l’utilisation précoce, dans les 3 mois après l’apparition des premiers symptômes, d’un DMARDs conventionnel (Odds ratio 2,41, p=0,03) était associée à une réponse EULAR bonne à modérée. Par ailleurs, le taux de réponse s’est révélé être similaire entre les différents DMARDs conventionnels utilisés. Aucune différence significative de taux de réponse à un an n’a été mise en évidence entre les patients qui avaient reçu du MTX seul ou associé à du léflunomide ou un autre DMARDs (hydrochloroquine ou sulfasalazine). Les taux de réponse n’étaient pas affectés par les autres facteurs pronostiques comme le DAS28 à l’inclusion.

*ACPA pour Anti Citrullinated Peptides Antibodies. Actuellement ce terme est remplacé par anti-CCP pour anti-Cyclic Citrullinated Peptides du fait de la technique de laboratoire utilisée.