Faut-il prolonger le traitement par rivaroxaban post-TEV ?

  • Coleman CI & al.
  • Am J Med
  • 21 déc. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude montrent que les sujets qui présentent des facteurs de risque de thromboembolie veineuse (TEV), hors chirurgie majeure ou traumatisme, ont un risque plus élevé de récidive de TEV après l’arrêt d’un traitement anticoagulant. Chez des patients présentant une TEV secondaire (ou provoquée) et traités par rivaroxaban durant 3 mois, la poursuite de ce traitement pour une durée médiane supplémentaire de 3 mois, serait associée à une réduction de 44% du risque de récidive par rapport à l’arrêt du traitement. La prolongation du rivaroxaban n’était pas associée à un risque accru d’hémorragie majeure par rapport aux patients qui avaient arrêté tout traitement anticoagulant ou antiplaquettaire (mais qui pouvaient recevoir de l’aspirine).

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La TEV définie par la thrombose veineuse profonde ou l’embolie pulmonaire constitue un enjeu de santé publique. En cas de TEV, les recommandations de l’American College of Chest Physicians (ACCP) préconisent une prise en charge par anticoagulant durant au minimum 3 mois. Au-delà, la balance bénéfices/risques doit être considérée. Cette étude présente l’intérêt d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de l’utilisation prolongée du rivaroxaban chez des sujets présentant des facteurs de risque mineurs/majeurs et persistants/transitoires de TEV. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective américaine a inclus des patients ayant au moins une première hospitalisation pour thromboembolie veineuse (ou un diagnostic réalisé aux urgences) entre 2012 et 2017, un facteur de risque de TEV secondaire (mineur/majeur et persistant/transitoire), ainsi qu'un traitement continu par rivaroxaban durant au moins 3 mois. Après un traitement initial par rivaroxaban (de 3 mois), les sujets continuant le traitement par rivaroxaban ont été distingués de ceux qui arrêtaient tout traitement anticoagulant. Des analyses par scores de propension ont été réalisées pour pondérer les différences entre les cohortes.

Principaux résultats

Parmi les sujets qui avaient eu une thromboembolie veineuse provoquée (n=4.990), 3.806 ont été traités par rivaroxaban de manière prolongée et 1.184 ont arrêté après 3 mois. 

La prolongation (sur une durée médiane de 3 mois) d'un premier traitement par rivaroxaban de 3 mois a été associée à une réduction du risque de récidive de TEV de 44% sans majoration du risque de saignements majeurs (hazard ratio 0,87 [0,51-1,49]) par rapport aux sujets qui avaient arrêté tout traitement anticoagulant après 3 mois de rivaroxaban.

Le niveau de risque de récidive de TEV était le plus élevé chez les patients ayant un facteur de risque persistant mineur et ayant arrêté tout traitement anticoagulant après 3 mois de rivaroxaban (3,1%). Chez ces patients, le traitement prolongé par rivaroxaban permettait de diminuer le risque de récidive de 73%.

Principales limitations

Il s’agit d’une étude rétrospective, des biais de sélection et de classification peuvent exister. Et malgré l’utilisation de scores de propension, des facteurs confondants peuvent subsister.

Financement

Étude financée par Bayer AG.