Faut-il préconiser un inhibiteur calcique au cœur des bithérapies anti-hypertensives chez les sujets d’origine africaine ?

  • Ojji DB & al.
  • N Engl J Med
  • 18 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine a comparé trois des traitements antihypertenseurs les plus communément recommandés chez des sujets d’origine africaine sous la forme de bithérapie (amlodipine-hydrochlorothiazide, amlodipine-périndopril et hydrochlorothiazide-périndopril). Les résultats montrent une efficacité significativement plus importante de l’association contenant un inhibiteur calcique, l’amlodipine (quelle que soit l’association) par rapport à la bithérapie hydrochlorthiazide-périndopril chez ces patients. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’HTA est une pathologie fréquente chez les sujets d’origine africaine. En pratique clinique, il est commun de devoir prescrire plus de deux antihypertenseurs à ces patients. Or, les recommandations (européennes et américaines) diffèrent sur les associations à privilégier, montrant bien que les données sont insuffisantes dans cette situation. En revanche, les études suggèrent qu’un inhibiteur calcique en monothérapie serait plus efficace que les molécules d’autres classes dans cette population, d’où l’association avec un inhibiteur calcique-diurétique préconisée par certaines recommandation.

Méthodologie

L’étude CREOLE (Comparison of Three Combinaison Therapies in Lowering Blood Pressure in Black Africans) est un essai randomisé mené en Afrique sub-saharienne qui a inclus 728 sujets d’origine africaine ayant une hypertension non contrôlée (≥140/90 mmHg sans anti-hypertenseur ou sous monothérapie). Les sujets ont été randomisés en simple aveugle pour recevoir durant deux mois l’une des associations suivantes : amlodipine-hydrochlorothiazide (5mg/12,5mg), amlodipine-périndopril (5mg/4mg), périndopril-hydrochlorothiazide (4mg/12,5mg). Les doses ont ensuite été doublées pour un traitement de 4 mois supplémentaires. La variation de pression artérielle systolique (PAS) a été mesurée sur 24 heures à l’inclusion et à 6 mois, ainsi qu’en consultation à 2, 4 et 6 mois.

Principaux résultats

Au total, 244 sujets d’origine africaine ont reçu une bithérapie amlodipine-hydrochlorothiazide, 243 une association amlodipine-périndopril et 241 une association périndopril-hydrochlorothiazide. Les données de 621 patients ont été incluses dans les analyses (âge moyen 51,1 ans, 63,3% de femmes). À l’inclusion, la PAS mesurée en ambulatoire était légèrement supérieure chez ceux recevant de l’amlodipine (147,6 mmHg versus 145,6 mmHg sous amlodipine-hydrochlorothiazide et 146,0 mmHg dans le groupe périndopril-hydrochlorothiazide).

Après ajustement, les patients recevant l’une des deux combinaisons à base d’amlodipine avaient une diminution plus importante de la PAS par rapport au troisième groupe : respectivement -3,14 mmHg (p=0,03) pour le groupe amlodipine-hydrochlorothiazide et -3,00 mmHg (p=0,04) pour le groupe amlodipine-périndopril. Les paramètres d’ajustement étaient notamment la PAS à l’inclusion, mais également sur le sexe, la présence ou non d’un diabète ou d’une dyslipidémie, l’IMC, la fréquence cardiaque et la durée de l’hypertension. Des résultats similaires ont été retrouvés pour la pression artérielle systolique moyenne sur 12h que ce soit de jour ou de nuit.

Principales limitations

Étude menée en simple aveugle. 

Financement

Étude financée par GlaxoSmithKline Afrique.