Faut-il inciter vos patients sous hémodialyse à manger végétarien ?

  • Tseng CY & al.
  • Ren Fail
  • 1 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude transversale mettent en évidence que les patients en hémodialyse ayant une alimentation végétarienne seraient moins susceptibles de développer un prurit urémique. Par ailleurs, la sévérité du prurit - déterminée par un score subjectif et un score objectif - serait inférieure chez les sujets végétariens que chez les autres. Le recours à un traitement contre le prurit était également moindre chez les sujets végétariens. Ainsi, une alimentation végétarienne pourrait être associée à une diminution de la sévérité du prurit urémique chez les sujets en hémodialyse. Les conclusions étaient similaires après exclusion des sujets diabétiques des analyses. Les résultats de cette étude doivent cependant être confirmés par des études de plus large envergure.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il est admis que l’inflammation systémique serait associée au prurit urémique. Celui-ci pourrait concerner jusqu’à 40% des patients sous hémodialyse. Le mécanisme physiopathologique sous-jacent n’est pas clair. En revanche, la clairance de la dialyse, ainsi que certains facteurs métaboliques ou de l’inflammation systémique sont des éléments qui ont été associés au prurit urémique. De précédentes études ont montré qu’une alimentation végétarienne réduisait l’inflammation systémique chez les individus sous hémodialyse, mais son rôle sur le prurit urémique était moins clair. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Cette étude transversale pilote compare la sévérité du prurit urémique avec les taux sanguins en marqueurs de l’inflammation chez des individus en hémodialyse, en fonction de leur alimentation (végétarienne ou non). 

Un total de 155 patients a été inclus dans l’étude, dont 15 végétariens et 140 non végétariens. La proportion de sujets diabétiques était similaire dans les deux groupes. Six patients non végétariens ayant des prurits urémiques sont passés à une alimentation végétarienne durant deux mois. La sévérité du prurit urémique a été évaluée par une échelle visuelle analogique (EVA, score entre 0 et 10) et par un score de sévérité du prurit. Enfin, deux marqueurs de l’inflammation, les taux de protéine C-réactive haute sensibilité (CRP-hs) et d’interleukine 2 (IL-2) ont été mesurés.

Principaux résultats

Le score sur l’échelle EVA et le score de sévérité du prurit étaient tous les deux significativement inférieurs dans le groupe de sujets végétariens versus non végétariens (respectivement p=0,022 et p=0,001). La valeur médiane de CRP-hs chez les sujets ayant adopté une alimentation végétarienne était inférieure à celle des non-végétariens (p=0,020). La valeur médiane d’IL-2 était également significativement inférieure chez les sujets végétariens par rapport aux autres (p=0,016). Ainsi, le score de prurit s’est amélioré et les taux d’IL-2 ont diminué après le passage à une alimentation végétarienne. L’exclusion des sujets diabétiques des analyses n’a pas modifié les résultats. Une proportion significativement plus faible de patients du groupe végétarien ont eu recours à un traitement anti-prurit (oral ou topique).

Pour les six patients passés à une alimentation végétarienne durant l’étude, les taux sanguins de CRP-hs, et d’IL-2 étaient significativement diminués deux mois après ce changement d’alimentation (respectivement p