Faut-il donner de la lévothyroxine aux femmes ayant des anticorps anti-thyropéroxydase (anti-TPO) ?

  • Dhillon-Smith RK & al.
  • N Engl J Med
  • 4 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude multicentrique, randomisée, contrôlée versus placebo a évalué l’impact sur les naissances en vie après 34 semaines de grossesse (critère principal d’évaluation), d’un traitement par lévothyroxine (50 migrogrammes/jour) initié avant la conception et poursuivit durant toute la grossesse chez des femmes ayant une fonction thyroïdienne normale et des anticorps anti-thyropéroxydase (anti-TPO). Les résultats suggèrent qu’un traitement par lévothyroxine ne modifie pas le taux de naissance en vie après 34 semaines de grossesse.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les données de la littérature mettent en évidence le doublement du risque de prématurité et le triplement du risque de fausse couche chez les femmes ayant des anticorps anti-péroxydase (chez des femmes ayant des fausses couches récurrentes, des femmes ayant des troubles de la fertilité et des populations non spécifiques). Les données issues de trois essais cliniques mesurant l’impact de la lévothyroxine chez des femmes avec fonction thyroïdienne normale et anticorps anti-TPO n’ont pas permis d’aboutir à des conclusions homogènes. Contrairement aux études précédentes, l’étude présentée ici est puissante, menée sur une large population et non restreinte à un profil spécifique de femmes.

Méthodologie

TABLET (Thyroid Antibodies and Levothyroxine) est une étude multicentrique, randomisée, contrôlée versus placebo, qui a évalué l’impact d’un traitement par lévothyroxine sur le taux de naissance en vie après au moins 34 semaines de grossesse chez des femmes avec fonction thyroïdienne normale et ayant des anticorps anti-TPO. Les femmes incluses ont été recrutées au sein de 49 hôpitaux britanniques. Il s’agissait de femmes ayant déjà eu au moins une fausse couche et/ou recevant un traitement pour troubles de la fertilité. 

Principaux résultats

Au total, 952 femmes ont été recrutées entre 2011 et 2016 : 476 ont été assignées au groupe lévothyroxine et 476 au groupe placebo. Parmi ces femmes, 266 du groupe lévothyroxine et 274 du groupe placebo ont été enceintes.

  • Le taux de naissance en vie après la 34semaine ou plus était de 37,4% dans le groupe lévothyroxine et 37,9% dans le groupe placebo. 
  • Ainsi, la différence de risque de 0,4% [-6,6 à 5,8] n’était pas significative. 

Principales limitations

La lévothyroxine a été utilisée à la dose de 50 microgrammes par jour, or il aurait probablement fallu un ajustement de la dose au poids de la patiente et à son taux d’anticorps anti-péroxydase.