Faut-il considérer automatiquement un sujet souffrant de stéatopathie métabolique à risque cardiovasculaire ?

  • Alexander M & al.
  • BMJ
  • 8 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’incidence des stéatopathies métaboliques (ou NAFLD pour non-alcoholic fatty liver disease) a fortement augmenté parallèlement à l’obésité et au diabète au niveau mondial. En revanche, son impact sur les risques cardiovasculaires n’est pas clairement établi jusque-là. Plus de 120.000 sujets souffrant de NAFLD ou de stéatohépatite (ou NASH non-alcoholic steatohepatitis) ont été suivis durant 2,1 à 5,5 ans. Après ajustement sur l’âge et le statut tabagique, les analyses ont montré que le risque d’infarctus du myocarde (IDM) était augmenté de 17% et celui d’AVC de 18% par rapport à des sujets contrôles. 

En revanche, lorsque l’ajustement intégrait également la pression artérielle systolique, la présence ou non d’un diabète de type 2, le taux de cholestérol total, la prise de statine et l’hypertension, le risque d’IDM ou d’AVC n’était plus significativement différent entre les deux groupes. 

Ces résultats suggèrent que le diagnostic de NAFLD en routine clinique n’indique pas nécessairement un sur-risque d’IDM ou d’AVC, et ne nécessite donc pas systématiquement un traitement préventif du risque cardiovasculaire. 

Les auteurs proposent que l’évaluation du risque cardiovasculaire continue d’être réalisée par des scores classiques en intégrant la présence de facteurs de risque cardiovasculaires connus (diabète, hypertension, dyslipidémie,…) mais sans ajouter de facteur multiplicateur du fait de la coexistence d’une NAFLD.

Protocole de l’étude

Il s’agissait d’une étude menée en vie réelle à partir d’informations médicales recueillies avant décembre 2015, à partir des bases de données de 4 pays européens : Italie (n=1,5 millions), Pays-Bas (n=2,2 millions), Espagne (n=5,4 millions) et Royaume-Uni (n=12,7 millions). Le suivi moyen variait de 2,1 ans à 5,5 ans selon les études. Au total, 120.795 adultes ayant reçu un diagnostic de NAFLD ou de NASH ont été inclus et appariés à 100 patients contrôles. Sur l’ensemble de la population, 205.046 événements cardiovasculaires ont été enregistrés chez les 120.795 adultes et les 9.647.744 sujets contrôles inclus dans l’étude.