Faut-il associer le fénofibrate à une statine chez les sujets souffrant de syndrome métabolique ?

  • Kim NH & al.
  • BMJ
  • 27 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les adultes ayant un syndrome métabolique, l’adoption d’une stratégie thérapeutique associant le fénofibrate à une statine diminuerait significativement le risque de survenue d’un critère composite cardiovasculaire constitué des coronaropathies, des AVC ischémiques et des décès d’origine cardiovasculaire. 

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

L’intérêt du fénofibrate sur la réduction des évènements cardiovasculaires majeurs chez des sujets diabétiques n’a pas pu être mis en évidence à travers des essais cliniques randomisés. En revanche, une réduction significative du risque cardiovasculaire a été mise en évidence chez des sous-groupes de patients ayant une dyslipidémie athérogène. Les données en vie réelle manquent notamment pour les populations asiatiques dont l’élimination des triglycérides (TG) sanguins semble diminuée du fait d’une susceptibilité génétique. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Cette étude coréenne a inclus un peu plus de 29.000 adultes de 40 ans et plus, présentant un syndrome métabolique. Ces sujets ont reçu une initiation de traitement par statine. Au total, 2.156 sujets recevant une association statine et fénofibrate ont été appariés (1:5) avec 8.549 utilisateurs de statine seule afin d’évaluer l’intérêt de l’association sur la survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs (critère composite constitué de la coronaropathie, l’AVC ischémique et le décès d’origine cardiovasculaire).

Principaux résultats

L’âge moyen des individus inclus était de 62,5 ans et l’IMC moyen de 25,8 kg/m2. Sur l’ensemble de la population, 9,2% des sujets avaient des antécédents de maladie cardiaque et 37,8% un diabète de type 2. La durée moyenne du traitement par statine était de 30,2 mois. À l’inclusion, 8,3% des patients avaient un faible taux de HDL-c (

Sur l’ensemble de la cohorte suivie, l’incidence des événements cardiovasculaires (critère composite principal d’évaluation) était de 17,7/1.000 personnes-années chez les sujets sous association fénofibrate-statine versus 22/1.000 personnes-années dans le groupe statine seule. Ainsi, l’ajout du fénofibrate à une statine a permis de diminuer significativement le risque global de survenue d’une coronaropathie, d’un AVC ischémique ou du décès d’origine cardiovasculaire de 26%, p=0,01. En revanche, aucun des critères ne s’est révélé significativement différent entre les deux groupes lorsqu’il était considéré individuellement.

La proportion des patients ayant un taux d’enzymes hépatiques plus de deux fois supérieur à la limite normale haute était similaire entre les deux groupes.

Principales limitations

Cette étude a été menée sur une population asiatique. Il serait intéressant de confirmer ces résultats par d’autres études incluant d’autres groupes ethniques. Le choix de la population incluse et la différence initiale des taux de TG entre les deux groupes a pu contribuer à atténuer les effets des statines et à rendre plus apparent l’effet du fénofibrate sur le risque cardiovasculaire.

Financements

Étude financée par le laboratoire Abbott.