Faut-il apporter une attention spécifique aux patientes sous anthracyclines et/ou trastuzumab en fonction de leur IMC ?

  • PLoS Med

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les résultats de l’étude longitudinale, prospective multicentrique française CANTO mettent en évidence que l’obésité est un facteur indépendant associé à une augmentation significative du risque de cardiotoxicité sous anthracyclines et/ou trastuzumab chez des femmes souffrant de cancer du sein. En effet, après ajustement, l’obésité était associée à un risque de cardiotoxicité multiplié par 3. Ces résultats incitent à personnaliser le suivi des complications cardiaques chez les patientes en surpoids ou obèses souffrant de cancer du sein et traitées par anthracyclines et/ou trastuzumab. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Jusqu’à présent aucune donnée ne permettait de juger si la cardiotoxicité des anthracyclines et du trastuzumab chez des femmes atteintes de cancer du sein précoce, était ou non influencée par le surpoids ou l’obésité. Ces deux critères, étant eux-mêmes des facteurs de risque cardiaque. Les anthracyclines sont toujours le traitement de référence en association à des traitements ciblés de nouvelle génération comme le trastuzumab. Et la cardiotoxicité associée à ces traitements peut survenir plusieurs mois, voire années après le traitement. Il était intéressant de mieux identifier les sujets à risque pour organiser un suivi mieux adapté.

Protocole de l’étude

L’étude CANTO (CANcer TOxicities) a été menée entre 2012 et 2014 dans 26 centres de prise en charge du cancer en France. L’évaluation portait sur l’association entre l’IMC et la cardiotoxicité – définie par la réduction de la fraction ventriculaire gauche de plus de 10 points de pourcentage  par rapport à l’inclusion ou d’une fraction d’éjection ventriculaire gauche

Principaux résultats

Au total, 929 femmes atteintes d’un cancer du sein de stade I à III (âge moyen 52 ans, IMC 25,6 kg/m2, 42% ayant au moins un facteur de risque cardiovasculaire) et traitées par anthracyclines - épirubicine (86%), doxorubicine (7%) - et/ou trastuzumab (7% seul, et 36% en association avec une anthracycline) ont été incluses dans les analyses. 

À l’inclusion, environ 50% des patientes étaient en surpoids ou obèses. Et durant le suivi moyen de 22 mois, 3,2% de l’ensemble de la population ont présenté une cardiotoxicité. Parmi ces sujets, 73% recevaient une anthracycline et du trastuzumab, 17% du trastuzumab seul et 10% une anthracycline seule. Par rapport aux femmes ayant un IMC normal, celles qui étaient en surpoids ou obèses avaient un sur-risque de cardiotoxicité (p=0,01), sans différence significative entre ces deux groupes. En analyse multivariée (intégrant l’IMC, la présence d’au moins 2 facteurs de risque parmi le tabagisme, le diabète, l’hypertension et la dyslipidémie), l’obésité – mais pas le surpoids - et l’administration de trastuzumab se sont révélés être des facteurs indépendants, associés à la cardiotoxicité, (avec des odds ratio respectifs de 3,02, p=0,03 et de 12,12, p

Principales limitations

Suivi relativement court de l’étude.