Fasinumab : efficacité et sécurité dans le traitement des douleurs liées à l’arthrose

  • Dakin P & al.
  • 17 juin 2019

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Dans l’étude de phase IIb-III parue dans Arthritis and Rheumatology , le fasinumab offre une réduction de la douleur et une amélioration de la fonction physique liées à l’arthrose modérée à sévère qui est supérieure à celle apportée par un placebo. Toutes les posologies testées ont apporté le même bénéfice, indiquant sans doute que la posologie minimale testée ici est proche ou supérieure à celle nécessaire pour obtenir une réponse optimale.

Étant donné les signaux relatifs aux évènements indésirables dans les études cliniques dédiées aux différents anti-NPG, cette étude a parallèlement proposé une surveillance rigoureuse de la tolérance et de la toxicité, avec notamment un focus sur la survenue d’arthropathies par imagerie IRM. Le risque bien que faible est apparu dose-dépendant, et un patient a eu une arthropathie avec destruction articulaire.

Si le fasinumab peut constituer une alternative pour les personnes souffrant d’arthrose modérée à sévère dont la douleur ne répond pas aux autres antalgiques, de nouvelles études évaluant la balance bénéfice-risque associée à de plus faibles doses que celles testées ici doivent maintenant être menées.

Méthodologie

Les patients recrutés devaient être âgés de 40 à 80 ans et présenter une arthrose du genou ou de la hanche confirmée radiologiquement associée à une douleur modérée à sévère (domaine douleur du score WOMAC ≥4 sous antalgiques habituels et après arrêt de ces traitements, 7 jours avant le début de l’étude). Ils ont ensuite été randomisés (1:1:1:1:1) versus placebo entre plusieurs posologies de fasinumab (injections SC de 1, 3, 6 et 9 mg toutes les 4 semaines jusqu’à S12) avec un suivi jusqu’à la 36 e semaine. La tolérance et la survenue d’arthopathies et d’ostéonécrose ont été recherchées.

Principaux résultats

  • Au total, 421 patients ont été randomisés entre l’une des posologies de fasinumab (n=338) ou un placebo (n=83), dont 342 ont terminé l'étude à 36 semaines (87% vs 81%). Les patients avaient un score de sévérité de l’arthrose (stade KL) de 3 ou 4 pour 66% d’entre eux, 88% des arthroses concernant le genou.
  • Le sous-score de douleur WOMAC était significativement plus faible sous traitement que sous placebo à 16 semaines, avec une diminution comprise entre -0,78 et -1,40 selon la posologie (p significatifs). La différence était observée dès la 2 e semaine. Par ailleurs, ces résultats étaient indépendant de l'âge, du sexe, du poids ou de l’IMC des patients.
  • La proportion de répondeurs (≥ 30% d’amélioration par rapport à l’inclusion) était plus élevée sous fasinumab que ce soit concernant le paramètre de la douleur (entre 63,5 et 73,8% vs 47% sous placebo) ou de la fonction physique (entre 61,2 et 71,4% vs 44,6%). La conclusion était similaire lorsque le seul d’amélioration était fixé à 50%.
  • Les événements indésirables apparaissant au cours du traitement (TEAE) étaient de 62% et 55% dans les groupes fasinumab poolés et placebo respectivement. Les premiers présentaient plus souvent des symptômes liés au système nerveux et des troubles musculo-squelettiques (respectivement 17 vs 9%, 19 vs 17%), ainsi que des paresthésies, des arthralgies et des infections (3 vs 0%, 8 vs 2% et 21 vs 16%). Le taux de signes vasculaires (principalement HTA) était en revanche plus faible sous fasinumab (6 vs 10%).
  • Les nombres d’évènements graves et d’évènements ayant nécessité un arrêt étaient respectivement de 2% vs 1% et de 4% vs 1%.
  • Une arthropathie était identifiée chez 23 patients et 25 articulations, soit 7% des patients sous fasinumab et 1% sous placebo. Le phénomène était dose-dépendant (n=2 sous 1 mg jusqu’à n=12 sous 9 mg). Une destruction articulaire a été identifiée chez un patient du groupe 6 mg.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Regeneron Pharmaceuticals.