Facteurs de risque, déterminants, suivi de l’AVC : analyse de l’Irdes


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Des chercheurs de l’Irdes ( Institut de recherche et documentation en économie de la santé ) ont mené un travail d’identification des facteurs de risque des adultes souffrant d’un premier épisode d'AVC constitué à partir des bases de données nationales. Dans un premier temps, ce travail permet de conforter la compréhension et l’identification des personnes à risque. Dans un second temps, il offre le moyen d’explorer d’autres dimensions relatives à la prise en charge.

Ce travail prend pied dans le contexte du Plan d’actions national Accidents vasculaires cérébraux (AVC) 2010-2014 qui préconisait l’amélioration de la prévention de l'AVC et du repérage de ses facteurs de risque. L’intérêt de ce travail est à la fois d’apporter de meilleures informations aux cliniciens mais aussi de disposer d’une vision territoriale permettant de mieux connaître le contexte local ou régional et d’envisager des actions de santé publique ou d’offres de soins adaptées.

Méthodologie

Le développement de l’algorithme d’analyse des données françaises a été mené à partir du Système national des données de santé (SNDS) regroupant celles issues du Programme de médicalisation du système d’information hospitalières (PMSI) et du Datamart des consommation inter-régime (DCIR).

Tous les cas survenus en 2012 ont été recensés et les facteurs de risque identifiés au cours des 24 mois ayant précédé l’évènement analysé. Les données disponibles étaient par définition limitées aux pathologies diagnostiquées et faisant l’objet d’une prise en charge (et donc d’un remboursement par l'Assurance maladie).

Principaux résultats

  • Au total, l’analyse a pu être menée à partir d’une cohorte de 98.853 adultes hospitalisés en court séjour : les femmes représentaient 50,1% de l’ensemble et l’incidence des AVC croissait avec l’augmentation de l’âge, les 75-84 ans et les 85 ans et plus représentant 30,58 et 26,17% des cas.

  • La répartition des présentations cliniques était la suivante : 67% d’AVC ischémique, 21% d’AVC hémorragique, 5% d’hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) et 7% d’AVC dont la nature était non précisée.

  • Dans 52% des cas, au moins deux facteurs de risque étaient identifiés. La plupart du temps, il s’agissait d’HTA (51%), puis de dyslipidémie (37%), suivies du diabète ou de la dépression (20% chacun), de la fibrillation atriale (16%) et de l’IRC modérée à sévère (13%).

  • Les facteurs de risque hygiéno-diététiques étaient moins fréquemment retrouvés que dans la littérature nationale ou internationale, probablement du fait du mode de recueil des données (obésité 4 %, tabagisme 12 %, alcoolisme 3 %).

  • Au total, 7,6% de la cohorte avaient effectué un passage en réanimation au cours de la prise en charge de l’évènement : les facteurs associés à cette orientation (après ajustement sur l’état de santé aigu et chronique) étaient le fait d’avoir un AVC hémorragique (OR:3,52 [3,26-3,81], p

  • Parmi les facteurs de prise en charge, le fait d’être passé en unité neurovasculaire constituait un facteur protecteur vis-à-vis d’une admission en réanimation (0,44 [0,41-0,48] p