Face à la colique néphrétique, quel antalgique ?

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À retenir

  • Dans les coliques néphrétiques, les AINS sont au moins équivalents aux antalgiques opioïdes pour soulager la douleur 30 minutes après administration, et ils présentent un profil de tolérance et une facilité d’utilisation qui penchent en leur faveur.

  • Ils sont aussi efficaces que le paracétamol à 30 minutes mais nécessitent moins souvent un antalgique de secours après 30 minutes.

Pourquoi est-ce important ?

En 2004, une revue Cochrane recommandait les AINS en première ligne de traitement de la douleur liée aux coliques néphrétiques, devant les opioïdes, sur la base d’un rapport bénéfice-risque supérieur ; depuis, des données contradictoires ont émané de nouveaux essais cliniques randomisés et les enquêtes de pratique peuvent montrer l’inverse. Par ailleurs, les conclusions relatives à l’utilisation du paracétamol sont également différentes selon les études. Dans cette nouvelle méta-analyse, les AINS ont un profil d’efficacité équivalent aux opioïdes ou au paracétamol. Le profil de tolérance et la nécessité d’un analgésique de secours font pencher les recommandations en faveur des AINS, a fortiori en considérant leurs avantages pratiques (simplicité d’administration, pas de risque d’accoutumance). L’exploration de certaines voies d’administration moins étudiées, comme la voie rectale, serait néanmoins intéressante.

Principaux résultats

  • Le soulagement de la douleur 30 minutes après administration (étudié par 11 études, 1.985 patients) est légèrement supérieur sous AINS que sous opioïdes (différence moyenne -DM- selon une évaluation numérique ou visuelle : -5,58 sur 100 points, p=0,001) avec une hétérogénéité importante (81%).

  • Le taux de sujets soulagés 30 minutes après administration était identique, que l’on considère le nombre de sujets totalement soulagés ou celui des sujets ayant atteint au moins 50% de soulagement de leur douleur (étudié par 13 études, 943 patients).

  • Un antalgique de secours (étudié par 17 études, 2.391 patients) était moins souvent nécessaire chez ceux ayant reçu des AINS (risque relatif ou RR : 0,73 vs sous opioïdes, p=0,01), avec une hétérogénéité moyenne (52%). La même observation était faite lorsque l’analyse portait spécifiquement sur les études ayant comparé des voies d’administration intraveineuse.

  • Les évènements indésirables et les vomissements étaient moins fréquents sous AINS que sous placebo (RR respectif : 0,53 et 0,41, p significatif).

  • Il n’y avait pas de différence entre les AINS et le paracétamol (étudié par 4 études, 1.325 patients) en termes de soulagement de la douleur 30 minutes après administration (DM : -5,67 sur 100, p=0,35) ou de tolérance (hétérogénéité importante : 89%). Seul le recours à un antalgique de secours après 30 minutes penchait en faveur des AINS (RR : 0,56, p<0,001).

Méthodologie

  • La revue de la littérature et la méta-analyse ont été conduites sur les principes méthodologiques de la revue Cochrane. Tous les essais randomisés publiés dans toutes les langues jusqu’en décembre 2016 et comparant les AINS aux opioïdes ou les AINS au paracétamol ont été inclus, soit 36 essais, rassemblant 4.887 patients.

  • L’évaluation de la douleur rapportée par les études - par échelle visuelle analogique ou par échelle d’évaluation numérique - était convertie en une échelle coté de 0 à 100.