FA post-opératoire après chirurgie non cardiaque : un risque thromboembolique similaire à celui de patients souffrant de FA non valvulaire

  • Butt JH & al.
  • J Am Coll Cardiol
  • 23 oct. 2018

  • de Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Cette étude de registre a évalué le risque thromboembolique à long terme de patients ayant développé une FA post-opératoire (FAPO) suite à une chirurgie non cardiaque, par rapport à celui de patients souffrant de FA non valvulaire (FANV). Il concernerait 0,4% des sujets opérés, avec une incidence plus importante en cas de chirurgie thoraco-pulmonaire, vasculaire ou abdominale.

Le risque thromboembolique à long terme est augmenté chez ces patients FAPO par rapport aux patients sans FAPO, et similaire à celui de patients FANV. Par ailleurs, le bénéfice des anticoagulants oraux apparaît comparable dans les deux groupes. Ces résultats incitent à évaluer plus précisément l’efficacité et la sécurité de ces molécules chez les sujets présentant une FA après chirurgie non cardiaque.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le risque thromboembolique (AVC, embolie systémique) est multiplié par 5 chez les sujets souffrant de FA non valvulaire. Il est également augmenté en cas de survenue d’une FAPO suite à une chirurgie cardiaque. Ces FAPO surviennent de façon moins fréquente suite à une chirurgie non cardiaque mais, étant donné le volume important de ces interventions, il paraissait essentiel de mieux évaluer le risque thromboembolique à long terme et de mesurer l’effet des traitements anticoagulants plus spécifiquement dans cette population par rapport aux patients FANV. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective, réalisée à partir des registres nationaux danois, a identifié tous les patients ayant développé une FA post-opératoire (FAPO) après une chirurgie non cardiaque entre janvier 1996 et juin 2015. Ces sujets ont été appariés à des sujets FANV en fonction de l’âge, du sexe, de la présence d’une insuffisance cardiaque, d’une hypertension, d’un diabète, d’antécédents thromboemboliques, d’une ischémie cardiaque, ou de l’année du diagnostic. Le risque thromboembolique (AVC, AIT, embolie ou thrombose des artères périphériques) a ensuite été comparé entre les deux groupes.

Résultats

  • Parmi les patients ayant subi une chirurgie non cardiaque et sans antécédents de FA avant l’intervention, 6.048 (soit 0,4%) ont développé une FAPO au cours de leur hospitalisation. Et 3.830 d’entre eux ont pu être appariés à 15.320 patients FANV.
  • L’âge moyen de la population étudiée était de 77 ans et 43,2% des sujets étaient des hommes. L’incidence des FAPO était plus importante après une chirurgie thoraco-pulmonaire, vasculaire et abdominale.
  • Durant la période de suivi (3,2 et 3,8 ans chez les patients FAPO et FANV respectivement), les taux d’événements thromboemboliques ont été similaires dans les deux groupes : 31,7 et 29,9 pour 1000 personnes-années respectivement, avec un hazard ratio (HR) de 0,95 [0,85-1,07].
  • Une anticoagulation orale a été initiée dans les 30 jours suivant la chirurgie chez 24,3% des patients FAPO et chez 41,3% des patients FANV. Une réduction significative du risque thromboembolique a été obtenue dans les deux groupes par rapport à l’absence de traitement : HR 0,52 [0,40-0,67] chez les patients FAPO et 0,56 [0,51-0,62] chez les patients FANV.

Limitations

Le bénéfice des anticoagulants oraux peut être soumis à un risque de biais d’indication du fait de leur prescription aux patients les moins sévères notamment. Cette limitation appelle à la mise en place d’essais randomisés pour évaluer l’effet des anticoagulants oraux dans cette population FAPO.