Exposition solaire : de la mesure avant toute chose !


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Dans son rapport 2018 , le Centre international de recherche sur le cancer notait qu’« en France, en 2015, chez les personnes âgées de 30 ans ou plus, plus de 10.000 nouveaux cas de mélanomes étaient attribuables à l’exposition au rayonnement UV solaire, soit 3,0% de tous les cancers. » La DGS (Direction Générale de la Santé) a demandé au HCSP (Haut Conseil de la santé publique) d’élaborer des recommandations de prévention fondées notamment sur l’utilisation des index UV préconisée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). 

L’index UV est l’expression simple de la mesure de l’intensité du rayonnement solaire à la surface terrestre (mais son calcul est plutôt complexe…). Le HCSP a retenu 4 catégories d’index (1-2, 3-7, 8-10, 11 et +), qui couvrent l’ensemble des situations d’exposition des populations résidant en métropole et en outre-mer : 1-2 (exposition faible), 3-7 (modérée à forte), 8-10 (très forte), 11 et plus (extrême). En été, l’index maximum de la partie nord est en général de 7, celui de la partie sud de 8-9 (voire 10 en montagne), ceux des territoires d’outre-mer dépassant le plus souvent 10 et pouvant aller jusqu’à 16.

Après examen des stratégies de prévention utilisées dans d’autres pays, le HCSP estime qu’il convient de diffuser des messages simples et adaptés aux différents index UV constatés. Leur contenu doit porter en premier sur l’heure d’exposition (12-16h). Par exemple, si l’index est compris entre 3 et 7 : « entre midi et 16h00, rechercher l’ombre ». En second, il doit insister sur le port des vêtements longs et donner les autres mesures de protection (chapeau à larges bords, couvrant oreilles, nuque et nez – éviter la casquette ! – lunettes de soleil). Enfin, l’utilisation des crèmes de protection solaire doit apparaître en dernier, leur utilisation inappropriée pouvant conduire à quelques sérieux problèmes (faux sentiment de sécurité, pollution des eaux, exposition à des nanoparticules). Le document de la HCSP rappelle que « la protection des mélanomes par les filtres solaires n’est pas démontrée. »

Ces messages doivent être précédés d’une phrase d’avertissement sur les risques liés à l’exposition solaire, rappelant que ses bénéfices (synthèse de vitamine D) peuvent être atteints par de courtes durées d’exposition.

Le HCSP publiera un avis complémentaire à destination des populations les plus vulnérables ou les plus exposées (enfants, travailleurs en extérieur, etc) et celles habitant en territoire d’outre-mer. Il comprendra une information à destination des professionnels de santé.