Exposition péripubertaire aux perturbateurs endocriniens : quel impact sur l’âge des premières règles ?

  • Attfield KR & al.
  • Environ Res
  • 1 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude américaine menée auprès de filles suivies prospectivement, des taux sériques élevés de polluants organiques persistants (POP) en période péripubertaire sont associés à un retard de survenue des premières règles. Cette observation a été vérifiée pour la plupart des polychlorobiphényles (PCB) et pesticides organochlorés (POC) persistants qui ont été testés, même si la prise en compte de l’indice de masse corporelle (IMC) atténuait la plupart de ces associations.

Ce travail complète les connaissances sur les perturbations endocriniennes induites par les POP, issues de travaux menés le plus souvent à partir d’une exposition plus précoce voire in utero . Étant donné la persistance des composés mesurés dans l’environnement, les auteurs estiment que le taux mesuré dans le cadre de cette étude est représentatif d’un niveau moyen d’exposition. De plus, réalisé de façon prospective, la date rapportée de survenue de la puberté peut être considérée comme fiable. Dans tous les cas, l’influence des différents perturbateurs endocriniens testés sur la puberté des filles est confirmée par ce travail.

Une cohorte pour connaître l’influence des polluants sur le risque de cancer du sein

Le programme américain BCERP ( Breast Cancer and the Environment Research Program ) a regroupé une cohorte de filles de 6-8 ans suivies 1 à 2 fois par an de façon prospective (avec prélèvements sanguins) afin d’évaluer l’influence des polluants environnementaux sur le risque ultérieur de cancer du sein. Elle a été initiée en 2004-07 et a inclus 1.257 enfants sur 3 sites, dont 556 ont été incluses dans cette analyse.

Trois classes de composés ont été recherchées et dosées : PCB, POC et polybromodiphényléthers (PBDE) dont certains ne sont plus autorisés. Cependant, la persistance à long terme de ces composés dans l’environnement maintient la préoccupation qu’ils induisent en terme de santé publique.

Principaux résultats

L'âge moyen du prélèvement sanguin était de 7,8 ans, l'apparition des premières règles ayant eu lieu en moyenne 4,9 ans après, soit un âge médian de 12,5 ans. Cet âge était significativement influencé par l’origine ethnique, le niveau de revenu de la famille, le niveau d’études des parents et l'âge de la mère à la naissance.

La puberté survenait d’autant plus tardivement que les taux sériques de POP étaient élevés, selon une relation dose-réponse. Après ajustement multivarié (hors IMC), un taux élevé dans chacune des trois classes de polluants mesurés était associé à un retard de l’âge des premières  règles. En complétant l’ajustement sur l’IMC, ces associations restaient vérifiées pour les POC et les PBDE lorsque l’on comparait le quartile le plus élevé au quartile le moins élevé.