Exposition aux métaux lourds de l’environnement et risque de maladies cardiovasculaires

  • Chowdhury R & al.
  • BMJ
  • 29 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une méta-analyse récente montre que l’exposition à l’arsenic, au plomb et au cadmium serait positivement associée de manière presque linéaire au risque de maladie cardiovasculaire. En revanche, ces analyses ne montrent pas d’association entre l’exposition au mercure et le risque de développer une maladie cardiovasculaire. Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer ces associations. Notamment l’augmentation de la pression artérielle systolique, des atteintes de la fonction rénale et/ou l’induction d’un stress oxydant pour l’arsenic et le plomb. L’arsenic est un toxique présent en grande quantité dans certains riz et les eaux souterraines de nombreuses régions du monde. L’exposition au plomb ne peut pas être totalement exclue dans les pays développés, même si les niveaux d’exposition ont considérablement diminué du fait d’une moindre utilisation duplomb dans l’essence et les peintures. Pour le cuivre, certes il s’agit d’un élément trace essentiel, mais en excès il favorise le stress oxydant. Le cuivre pourrait induire une dysfonction endothéliale par action du complexe cuivre-homocystéine. Quant au cadmium (présent notamment dans les cigarettes et certains riz), il agirait sur le stress oxydant, l'inflammation et la dysfonction endothéliale. Les auteurs rappellent que si l’exposition au mercure (exposition principalement liée dans les pays industrialisés à la consommation de poisson) n’est pas associée à travers cette méta-analyse au risque de maladie cardiovasculaire, il constitue un élément trace délétère pour l’Homme sur d’autres plans.

Pourquoi cette publication est-elle intéressante ?

Ces données sont intéressantes car les informations disponibles jusqu’à présent portaient surtout sur des revues de la littérature sans synthèse quantitative des estimations effectuées. Ces nouvelles données pourraient amener à renforcer les mesures environnementales de prévention.

Méthodologie

Revue systématique de la littérature et méta-analyse des études épidémiologiques publiées jusqu’en décembre 2017 évaluant l’association entre l’exposition à l’arsenic, au plomb, au cadmium, au mercure et au cuivre et les maladies cardiovasculaires.

Principaux résultats

Au total, 37 études ont été intégrées aux analyses, soit 348.259 sujets, dont 13.033 qui souffraient de maladie coronarienne, 4.205 d’AVC et 15,274 d’atteintes liées à une maladie cardiovasculaire. Une forte exposition (tiers supérieur versus tiers inférieur d’exposition) à l’arsenic et au plomb augmenterait le risque de maladie cardiovasculaire respectivement de 30 et 43%, le risque de coronaropathie de 23 et 85% et celui d’AVC de 15 et 63%.

Une forte exposition au cadmium et au cuivre augmenterait le risque de maladie cardiovasculaire respectivement de 33 et 81%, le risque de coronaropathie de 29 et 122% et d’AVC de 72 et 29%.

En revanche, aucune association n’a été mise en évidence pour le mercure.

Principales limites

Méta-analyse portant sur des études observationnelles pouvant être sujettes à des facteurs confondants non intégrés.