Existe-t-il des effets à long terme de l’infection par le SARS-CoV-2 en cas de forme légère de COVID-19 ?

  • Lund LC & al.
  • Lancet Infect Dis

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude de cohorte nationale danoise a évalué les effets retardés d’une infection par le SARS-CoV-2 entre 2 semaines et 6 mois suivant l’infection, chez des sujets ayant fait une forme légère ou asymptomatique de COVID-19.
  • Par rapport aux sujets n’ayant pas été infectés, on observe un risque accru d’initier des triptans, un bronchodilatateur, notamment les béta-2-agonistes à courte durée d’action, ou encore d’avoir un nouveau diagnostic de dyspnée ou d’événements thromboemboliques.
  • Mais le risque de complications retardées sévères ou de survenue de nouvelles maladies chroniques est faible.
  • Les visites chez le généraliste ont été plus fréquentes dans les deux semaines suivant un test PCR positif au SARS-CoV-2, suggérant que les symptômes persistants sont essentiellement pris en charge en ville.

 

 

Les sujets hospitalisés pour une forme grave de COVID-19 peuvent présenter des symptômes persistants de la maladie et des complications à distance de la phase aiguë. Mais qu’en est-il des sujets ayant développé des formes légères ou asymptomatiques ? La question a été encore peu investiguée. Aussi, une équipe danoise s’est-elle penchée sur les effets post-aigus observés à partir de deux semaines et jusqu’à 6 mois après l’infection par le SARS-CoV-2 chez des sujets n’ayant pas nécessité d’hospitalisation. Les nouvelles prescriptions de médicaments, les diagnostics hospitaliers, et la fréquence des recours aux soins ont été analysés.

Méthodologie

À partir des registres nationaux et de l’Assurance santé, l’étude a inclus tous les sujets danois ayant été testés positifs au SARS-CoV-2 durant la première vague de l’épidémie de COVID-19 mais n’ayant pas été hospitalisés au cours des deux semaines suivant le test, soit 8.983 sujets, et les a comparés à une cohorte de référence de sujets testés négatifs au SARS-CoV-2 (non hospitalisés), et appariés sur l’âge et le sexe au cours de la même période (n=80894). Le risque relatif d’initiation de 14 groupes de médicaments et de diagnostics hospitaliers en lien avec des effets retardés de l’infection au SARS-CoV-2, ou encore la fréquence des recours aux soins, ont été évalués.

Résultats

  • Chez les sujets positifs au SARS-CoV-2, seul deux groupes de médicaments ont été associés à un surrisque d’initiation d’un nouveau traitement suite à l’infection par rapport aux sujets testés négatifs : les bronchodilatateurs, avec une différence de risque (DR) de +0,3% [0,0-0,7] et un risque relatif ajusté (RRa) de 1,23 [1,01-1,48], en particulier pour les béta-2-agonistes à courte durée d’action : DR de +0,4% [0,1-0,7], RRa 1,32 [1,09-1,60], et les triptans : DR de +0,1% [0,0-0,3], RRa 1,55 [1,07-2,25].
  • Concernant les nouveaux diagnostics hospitaliers, les sujets infectés par le SARS-CoV-2 avaient un risque augmenté de recevoir un diagnostic de dyspnée : DR de +0,6% [0,4-0,8], RRa 2,00 [1,62-2,48] ; et d’événements thromboemboliques veineux : DR de +0,1% [0,0-0,2], RRa 1,77 [1,09-2,86], mais pas d’autres complications sévères (AVC, encéphalite, syndrome inflammatoire pédiatrique multisystémique…).
  • Une augmentation des recours aux soins a également été observée chez les sujets positifs au SARS-CoV-2 en particulier pour les visites chez le médecin généraliste avec un RR pondéré selon le score de propension de 1,18 [1,15-1,22].

Limites

Suivi limité à 6 mois ne permettant pas d’explorer les symptômes persistants et les complications survenant au-delà.