Evolution qualitative de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque par les généralistes

  • Moscova L & al.
  • Fam Pract
  • 12 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Par rapport à la même étude menée en 2007, les données de l’étude ICAGE 2015 mettent en évidence des améliorations dans le diagnostic, la prise en charge et le suivi de l’insuffisance cardiaque chronique par les médecins généralistes : en effet, ils ont une meilleure connaissance des facteurs de décompensation, ils recourent plus systématiquement au dosage des peptides natriurétiques à titre diagnostique et évoquent plus souvent le rôle central des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et par bêtabloquants dans la prise en charge.

D’autres aspects restent en revanche inchangés par rapport à 2007, comme la connaissance des différents types d’insuffisance cardiaque ou la maîtrise des ajustements posologiques. Ce travail montre également que la seule diffusion des recommandations n’est pas un moyen suffisant pour améliorer les pratiques, a fortiori dans cette pathologie pour laquelle aucune recommandation n’est spécifiquement dédiée aux médecins généralistes. Aussi, d’autres approches, et notamment le travail plus étroit avec le cardiologue, via le développement de la multidisciplinarité, peuvent aider à une meilleure maîtrise de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque par les médecins traitants.

Méthodologie

L’étude ICAGE est une enquête exploratoire auprès de médecins généralistes franciliens, qui a été initialement menée en 2007 auprès de 224 praticiens, dont 20 ont participé à des entretiens pour une analyse qualitative. La même procédure a été conduite en 2015 auprès du même échantillon de population.

Principaux résultats

L'insuffisance cardiaque chronique était encore sous-diagnostiquée, la maladie était perçue comme difficile à diagnostiquer du fait de son lent développement et de la nature aspécifique de ses manifestations cliniques, même si certaines d’entre elles étaient mieux connues (toux, prise de poids, angor). Les médecins montraient aussi une meilleure connaissance des facteurs de décompensation. Enfin, ils citaient plus souvent l’importance du dosage des peptides natriurétiques (BNP) à visée diagnostique.

Sur le plan thérapeutique, les médecins évoquaient plus souvent le rôle central des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et des bêtabloquants dans la prise en charge, mais ils restaient peu nombreux à initier ou adapter la posologie de ces médicaments, notamment par crainte des évènements indésirables. Le rôle du cardiologue restait primordial sur ce sujet.

Enfin, les médecins mentionnaient une méconnaissance des recommandations et l’importance du travail avec le cardiologue. Ils citaient aussi plus souvent le rôle de l’infirmière dans la prise en charge pluridisciplinaire des sujets souffrant d’insuffisance cardiaque.