Evolution précoce du microbiote nasal et risque d’asthme infantile

  • Toivonen L & al.
  • Pediatrics
  • 15 sept. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Il est possible d’identifier des profils d’évolution du microbiote nasal durant les deux premières années de vie qui semblent favoriser ou non l’apparition d’un asthme. Le genre Moraxella semble particulièrement déterminant. L’étude STEPS est ainsi la première à décrire l'association entre les changements longitudinaux du microbiote des voies respiratoires et le développement de l'asthme infantile. Ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles perspectives de prévention précoce.

Le rôle du microbiote nasal fait l’objet d’un intérêt grandissant dans le domaine de la santé respiratoire. Différents travaux ont montré des différences de composition entre les enfants asthmatiques et non asthmatiques, mais les données longitudinales sont rares, notamment en ce qui concerne l’association entre l’évolution de cette composition au cours du temps et le risque de survenue d’un asthme. L’étude finlandaise STEPS a été menée dans cet objectif.

Méthodologie

Il s’agissait d’une étude prospective menée après recrutement d’une cohorte de naissance basée sur la population entre 2008 et 2010 avec un suivi à 2, 13 et 24 mois, puis 7 ans. Ainsi, un séquençage de l’ARN ribosomique 16S a été mené à partir des prélèvements nasopharyngés réalisés aux trois premiers temps du suivi. Parmi les 927 enfants inclus, l’analyse longitudinale a pu être menée chez 704 enfants pour lesquels les prélèvements et le suivi à 7 ans étaient disponibles.

Principaux résultats

Globalement, le genre Moraxella était le plus représenté aux trois âges, son abondance étant croissante avec l'âge, tandis que celle des Staphylococcus et Corynebacteriaceae diminuait.

Des profils d’évolution longitudinaux ont pu être établis, en comparant la composition du microbiote nasal entre 2 et 13 mois ainsi qu’entre 2 et 24 mois. Pour la première période, il était possible d'identifier 4 profils : dominance persistante de Moraxella , transition d’une prédominance de Streptococcus à Moraxella , dominance persistante de Dolosigranulum et Corynebacteriaceae , et rareté persistante de Moraxella . Pour la seconde période, un cinquième profil de microbiote longitudinal complétait l’observation (mixte entre les 3e et 4e profils).

Ainsi, entre 2 et 13 mois, les enfants appartenant au groupe présentant une rareté de Moraxella avaient un risque plus élevé d'asthme par rapport au groupe pour lequel il y avait dominance persistante du genre (odds ratio ajusté 2,74 [1,20-6,27]). Le même constat était fait pour l’évolution observée entre 2 à 24 mois (2,75 [1,25-6,05]).

Par ailleurs, 3.182 épisodes d’infections respiratoires aiguës ont été enregistrés entre 13 et 24 mois, avec un taux d'incidence de 7,2 par enfant et par an, supérieur pour le groupe présentant une rareté persistante de Moraxella vs dominance (rapport des taux d'incidence 1,16 [1,01-1,32]).

Ce profil à haut risque était également caractérisé par une faible proportion de Dolosigranulum , un taux élevé de Streptococcus et une augmentation d' Haemophilus . Cependant, les auteurs notent que les enfants ayant une rareté de Moraxella entre 2 et 13 mois présentent une petite remontée entre 13 et 24 mois, ce qui illustre la complexité des évolutions du microbiote des voies respiratoires.