Évolution du dispositif d’annonce d’un cancer : cinq temps clés (partie 2)


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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L’évolution du dispositif d’annonce formalisé d’un cancer proposé par l’INCa intègre aujourd’hui les professionnels du parcours de soins du patient entre la ville et l’hôpital. Détaillons ces cinq moments clés : l’annonce de suspicion de cancer, l’annonce de la confirmation du diagnostic, le temps dédié à la proposition thérapeutique, le temps soignant paramédical d’accompagnement, la consultation de synthèse.

 

L’annonce de la suspicion d’un cancer est généralement faite en ville

Ce temps est essentiel car il va permettre au patient de se préparer à une éventuelle confirmation du diagnostic en établissement de santé. 

Si l’annonce de suspicion est faite en ville par le professionnel qui a effectué l’examen d’orientation diagnostique, celui-ci informe de manière prudente et factuelle le patient - dont il ne connaît pas toute l’histoire -  de l’existence d’anomalies/résultats anormaux et l’incite consulter son médecin traitant/prescripteur de l’examen pour envisager la suite à donner. Si l’annonce de suspicion est faite par le médecin prescripteur de l’examen (médecin traitant ou spécialiste d’organe) celui-ci prend soin avant la consultation de rassembler les éléments diagnostiques, et reprend avec le patient l’histoire de la maladie, les examens réalisés, pour arriver progressivement vers l’évocation du diagnostic. Il précise s’il existe encore des incertitudes. Puis, il prépare l’orientation du parcours du patient en proposant son aide pour obtenir un rendez-vous dans les meilleurs délais et s’assure de la bonne compréhension des enjeux par le patient. Le médecin établit une lettre de liaison et souligne au patient qu’il reste à sa disposition pour d’autres questions d’ici son rendez-vous spécialisé.

L’annonce de la confirmation du diagnostic de cancer et la proposition thérapeutique

Selon la complexité de la situation, ces deux temps peuvent être dissociés ou non. Ils sont réalisés par le médecin spécialiste en cancérologie impliqué dans le projet thérapeutique du patient. Lors de la prise de rendez-vous, le personnel doit bien sûr éviter d’utiliser les mots « consultation d’annonce » alors que le patient ne connaît pas encore le diagnostic. Le médecin laisse d’abord le patient s’exprimer pour évaluer son niveau d’information et cerner ses préoccupations avant de lui apporter une réponse adaptée et de lui confirmer son diagnostic. Le professionnel précise au patient que la proposition thérapeutique relève d’une décision collégiale (discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire-RCP), et évoque la possibilité d’avoir un temps d’accompagnement soignant paramédical en précisant l’objectif de celui-ci. La stratégie thérapeutique est mentionnée par le Programme personnalisé de soins (PPS) remis au patient lors de la consultation. Ce PSS est un outil qui permet au patient d’avoir une vision globale et actualisée de son parcours de soins et facilite la transmission d’informations entre les différents professionnels. Plusieurs aspects devront être évoqués pour rassurer le patient : le recul sur la maladie, le développement de nouvelles thérapeutiques, l’importance de la qualité de vie des patients pour les équipes soignantes, l’accompagnement de l’équipe médicale et paramédicale tout au long du parcours de soins ; le soutien possible de réseaux de santé de proximité et de plateformes territoriales d’appui pour faciliter la coordination avec son médecin traitant, la transmission des informations à son médecin traitant et à son pharmacien d’officine, éventuellement le contact avec des patients experts/ressources et la mise à disposition d’un service spécialisé accessible par un numéro de téléphone. Le médecin traitant est informé par messagerie sécurisée du contenu de la consultation, de la proposition thérapeutique, de la remise du PSS et des fiches sur les effets indésirables des traitements.

Le temps d’accompagnement soignant paramédical

Il s’agit d’un temps d’écoute, de reformulation et de complément d’information sur les soins, les conseils d’hygiène de vie et d’un temps d’évaluation des besoins spécifiques du patient en soins de support. Ce temps est organisé le plus rapidement possible après le temps de la proposition thérapeutique et de début des traitements. Il est mené par un infirmier d’annonce, un infirmier de coordination, ou un manipulateur d’électroradiologie en fonction des traitements. Le médecin traitant sera informé du contenu de ce temps d’accompagnement. 

La consultation de synthèse en ville

Cette consultation est assurée par le médecin traitant après la proposition thérapeutique. Elle vise à garantir la continuité et la qualité des soins. Elle est systématique pour les patients vulnérables, et permet dans tous les cas de reformuler, commenter, compléter et répondre aux questions du patient et/ou de ses proches. Le médecin traitant aura eu accès à l’ensemble des éléments diagnostiques, thérapeutiques par le PPS, les comptes rendus d’anatomocytopathologie, les comptes rendus de RCP, etc. À terme ces éléments seront intégrés dans un dossier communicant de cancérologie. Lors de cette consultation, le médecin traitant établit le protocole d’Affection de longue durée (ALD) et initie au besoin certaines démarches administratives (arrêt de travail, mi-temps thérapeutique, certificats médicaux divers, etc.). En cas de situation complexe, le médecin traitant peut faire appel au dispositif de coordination en cancérologie. Il transmettra ensuite au médecin référent hospitalier les informations de cette consultation qu’il juge nécessaire.