Évolution du cancer du poumon en France : quoi de neuf ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Voici les données clés à retenir concernant les tendances épidémiologiques des cancers du poumon en France métropolitaine :

  • Ce cancer ne concerne pas les individus de la même manière en fonction du sexe. L’Institut National du Cancer (INCa) évalue le nombre de nouveaux cas de cancer du poumon annuel à 46.363 (12% des cancers), deux tiers concernent l’homme et un tiers la femme. Sur la période 2010-2018, l’incidence moyenne chez l’homme a évolué de -0,1%, et de +5,3% sur la même période chez la femme.
  • Le pronostic lié au cancer du poumon reste sombre. Il s’agit de la première cause de mortalité par cancer chez l’homme et de la seconde chez la femme. La mortalité annuelle diminue de 1,6% chez l’homme, alors qu’elle augmente de 3% chez la femme. La survie nette à 5 ans serait de 16% chez l’homme et de 20% chez la femme. Elle a augmenté au cours des dernières décennies et reste toujours inférieure chez les plus âgés. Du fait du vieillissement de la population et d’un meilleur diagnostic, chaque année, depuis 30 ans, le nombre de cas augmente.
  • L’adénocarcinome reste le principal type histologique. Cependant, la répartition des différents types histologiques de cancer du poumon évolue différemment chez l’homme : adénocarcinomes +3,9%, carcinomes épidermoïdes -2,9%, cancers à petites cellules -0,9%. Alors que l’incidence des trois sous types de cancers augmentent chez la femme : adénocarcinomes +7,7%, carcinomes épidermoïdes +2,1%, cancer à petite cellules +4,4%. 
  • Les auteurs mentionnent que « Si tous les types histologiques de cancer du poumon sont associés au tabac, les tendances pourraient cependant s’expliquer par une modification de la structure et de la composition des cigarettes ». 
  • Les non-fumeurs impactés également. Plusieurs causes de cancer du poumon sont identifiées chez les non-fumeurs : exposition passive au tabac, exposition professionnelle, exposition au radon, anomalies génétiques,… Notons que les mutations génétiques sont plus fréquentes en cas de cancer du poumon chez un non-fumeur. Un non-fumeur vivant avec un fumeur a cependant un risque de cancer du poumon augmenté de 24%. 
  • Le tabac multiplie par 50 le risque de cancer du poumon. Bien sûr la durée et l’importance du tabagisme sont deux facteurs clés. Une personne est caractérisée comme non-fumeur si elle a fumé moins de 100 cigarettes au cours de sa vie. Un ex-fumeur est une personne qui ne fume plus depuis plus d’un an et les autres sont des fumeurs actifs.
  • L’arrêt complet et précoce du tabac est bénéfique. Un sur-risque de cancer du poumon persiste longtemps chez les ex-fumeurs, mais un sevrage avant 20 années de tabagisme permet de retrouver une courbe de survie proche de celle des non-fumeurs.
  • D’autres facteurs de risque sont identifiés. L’exposition au charbon domestique, à la vapeur d’huile de cuisson, l’exposition environnementale au radon et à ces produits de désintégration sont autant de facteurs de risque de cancer du poumon. Le sur-risque lié à l’exposition professionnelle est bien connu, impliquant notamment l’amiante et les gaz d’échappement de moteur diesel. Certaines situations cliniques augmentent le risque de ce cancer également, comme les antécédents de tuberculose, ou plus communément la bronchopathie chronique obstructive (risque indépendant du tabac, mais pour lequel un effet résiduel du tabac ne doit pas être exclus).
  • Cannabis et e-cigarette. Un joint moyen de cannabis représente en termes de contaminants toxiques l’équivalent de 3-4 cigarettes industrielles. Les résultats des études sur le sujet sont encore contradictoires, notamment du fait des difficultés de recrutement. Bien que plusieurs études aient détecté la présence de toxiques carcinogènes dans les e-cigarettes, aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence un sur-risque de cancer bronchique associé à son usage. 
  • Les cas plus rares à ne pas négliger. Il existe certaines formes familiales de cancer bronchique issues d’anomalies génétiques. Le séquençage complet du génome revêt ici un rôle déterminant. Trois à quatre pourcents des nouveaux cas de cancers bronchiques concernent des individus de moins de 40 ans. Des antécédents familiaux de cancer, un tabagisme ou la consommation d’autres drogues et un milieu socio-économique défavorisé sont des caractéristiques fréquemment retrouvées chez les individus concernés.