Évolution des schémas d’administration de la vitamine D


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

La Revue du Rhumatisme propose une mise au point concernant la définition du statut vitaminique D optimal et les apports en vitamine D (25OHD) préconisés chez la population ostéoporotique ou à risque d’ostéoporose.

Quelle concentration sérique optimale ?

Le seuil de carence en 25OHD est clairement défini par un taux inférieur à 10-12 ng/mL. Le seuil de déficit est moins consensuel et dépend du profil du patient, soit, selon plusieurs groupes d’experts :

- les sujets ostéoporotiques ou à risque d’ostéoporose en raison de traitements ou de maladies impactant le métabolisme osseux, de malabsorption, les sujets insuffisants rénaux ou âgés à risque de chutes doivent présenter un taux minimal de 30 ng/mL. La supplémentation doit être précédée puis suivi d’un dosage (ajustement posologique) et associée à des apports calciques suffisants (environ 1 g/j).

- la population générale présente un statut vitaminique D suffisant à partir de 20 ng/mL.

À l’inverse, le taux maximal de 25OHD recommandé est de 60 ng/mL et correspond à celui des personnes largement exposées au soleil toute l’année. Pour mémoire, le seuil de toxicité potentielle est de 150 ng/mL.

Sur la base de ces recommandations d’experts, une large proportion de français présenterait un déficit en vitamine D (40-50% en dessous de 20 ng/mL et 80% en dessous de 30 ng/mL).

Récentes données cliniques

Plusieurs études récentes suggèrent qu’une prescription bimestrielle ou trimestrielle (80 ou 100.000 UI) serait trop espacée, avec une concentrations sérique diminuant après la prise d’autant plus rapidement qu’elle a été rapidement augmentée, ainsi que des fluctuations de posologies significatives lors d’espacements posologiques trimestriels.

Il semble que la supplémentation doive être renouvelée toutes les 3 à 4 semaines. Des données soutiennent aussi l’efficacité des posologies faibles et quotidiennes, bien qu’elles soient associées à un risque de mauvaise observance. Cependant, l’absence de formes adaptées à une telle prescription est soulignée par les auteurs. Par ailleurs, une prise quotidienne ou intermittente d’une même posologie semble conduire à une diminution équivalente de la sécrétion de PTH.

Quel schéma posologique ?

Une prescription en trois temps peut être préconisée pour les patients ostéoporotiques ou à risque dont le statut vitaminique est

- une phase initiale de ‘recharge’ : 50.000 UI de vitamine D3 par semaine pendant 8 semaines pour les patients présentant un seuil

- une phase d’entretien durant laquelle la posologie est maintenue à 50.000 UI par mois durant 3 à 6 mois.

- Un dosage est réalisé à l’issue de cette période afin de s’assurer de l’atteinte d’un seuil cible compris entre 30-60 ng/mL (large variabilité interindividuelle de la réponse au traitement) pour la population ostéoporotique ou à risque :

  • - si le taux reste
  • - si le taux est >60 ng/mL, il faut espacer les prises (tous les 2 mois par exemple) même s’il serait préférable de disposer de formes permettant les posologies plus faibles et plus fréquentes.