Evolution des cancers chez les enfants et adolescents en Europe entre 1991 et 2010

  • Steliarova-Foucher E & al.
  • Lancet Oncol
  • 8 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Établis à partir de de l’équivalent de 1,3 milliards de personnes-années de données recueillies entre 1991 et 2010, les résultats de cette étude montrent que l’incidence des cancers chez les enfants et adolescents entre 0 et 19 ans augmente en Europe. Les leucémies, les lymphomes et les tumeurs du système nerveux central (SNC) constituent les trois principaux types de cancers. Globalement l’évolution de l’incidence des cancers serait de +0,54% chez les 0-14 ans et de +0,96% chez les 15-19 ans. Si les évolutions de chacun des principaux cancers n'a pas subi de rupture de tendance au cours de la période évaluée, en revanche, des disparités ont été mises en évidence en fonction des régions. L’amélioration des diagnostics et l'augmentation de l'enregistrement des cancers contribuent en partie à l’évolution de l’incidence, bien que l’implication de facteurs de risque sous-jacents ne puisse pas être exclue. 

Pourquoi ces données sont intéressantes ?

Certaines publications indiquaient que si l’incidence des cancers, tous cancers confondus, chez les enfants et adolescents avait augmenté d’environ 1% par an au cours des trois dernières décennies, celle-ci semblait s’être stabilisée au cours de la dernière décennie. D'où l'intérêt de faire le point sur une très large cohorte. Les auteurs précisent que « les leucémies, les lymphomes et les tumeurs du système nerveux central représentent 70% de l’ensemble des cancers observés au sein des populations européennes chez les moins de 15 ans et la moitié des cancers des 15-19 ans, contribuant ainsi considérablement à l’incidence globale ». Une bonne compréhension de ces tendances permet d’organiser au mieux la prise en charge et d’envisager des études pour en comprendre l’étiologie.

Méthodologie

De nombreux registres de populations européennes ont été utilisés pour les analyses. Les données suivantes ont été recueillies : nombre de cas, sexe, âge, date de naissance, date du diagnostic de cancer, nombre de tumeurs, site principal, morphologie, habitudes de vie et diagnostic le plus fiable. Ces données ont été croisées avec les données démographiques des pays participants (nombre de personnes par âge et par année entre 1991 et 2010). L’incidence des cancers par type a ensuite été établie séparément pour les 0-14 ans et pour les 15-19 ans.

Principaux résultats

Au total, 53 registres de 19 pays ont contribué au recueil des données jugées satisfaisantes provenant de 165.173 sujets. 

Sur la période évaluée, pour les enfants de 0 à 14 ans, le taux d’incidence annuelle moyenne standardisée sur l’âge, tous cancers confondus était de 137,5 cas par million de personnes-années [126,7-138,3] et celle-ci augmentait significativement de 0,54% par an sans variation forte de tendance. Le taux d’incidence était de 46,9 [46,5-47,3] par million de personnes-années pour les leucémies (+0,66%), 15,8 [15,6-16,0] pour les lymphomes (+0,26%) et 22,2 [21,9-22,6] pour les tumeurs malignes du SNC (+0,49%).

Les mêmes analyses sur les 15-19 ans, indiquaient une incidence annuelle moyenne standardisée sur l’âge, tous cancers confondus de 176,2 par million de personnes-années [174,4-178,0] en augmentation significative de 0,96% [0,73-1,19] par an. Sur cette tranche d’âge, le taux d’incidence des leucémies était de 23,6 [22,9-24,3] par million de personnes-années (+0,93%), celui des lymphomes de 47,4 [46,4-48,3] (+1,04%) et celui des tumeurs du SNC de 15,0 [14,4-15,5], (+0,40%).

Des variations de tendance par groupes d’âge, de région, de diagnostic ont pu être mises en évidence au cours du temps. 

Les principales tendances notées ont été la diminution de l’incidence des lymphomes dans l’Europe de l’Est chez les enfants (par rapport à une stabilité ou augmentation dans les autres régions), une augmentation des tumeurs du SNC chez les enfants en Europe de l’Ouest (par rapport à de faibles variations dans les autres régions), et une incidence stable des leucémies chez les adolescents en Europe du Nord (versus une relative augmentation dans les autres régions).

Principales limitations

Manque d’homogénéité des données collectées.