Évènements indésirables immunologiques : indicateurs d’efficacité sous inhibiteurs de checkpoint immunitaires ?

  • JAMA Oncol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les analyses secondaires d’une étude randomisée viennent de mettre en évidence que la survenue d’événements indésirables de type immunologique, serait associée à une meilleure survie sans récidive, chez les sujets traités par pembrolizumab pour mélanome de stade III post résection complète. Cependant, en l’absence de survenue de ce type d’événement indésirable, le risque de récidive du cancer reste tout de même inférieur à celui mesuré chez des patients traités par placebo.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’association entre la survenue d’évènements de type immunologique et l’amélioration des critères cliniques d’évaluation chez des sujets traités par inhibiteurs de checkpoint immunitaires (anti-CTLA-4 et anti-PD-1) avait déjà été explorée à travers de précédentes études en particulier dans le cancer du poumon et le mélanome. En revanche, il n’avait pas pu être mis en évidence si la survenue de tels effets indésirables pouvait être un indicateur d’efficacité du traitement. L’originalité de ce travail repose sur le choix des méthodes statistiques utilisées permettant contrairement à d’autres études précédentes  de réduire certains biais (de suivi, d’exposition au traitement). Par ailleurs ces données ont été ajustées au stade du cancer, à l’âge et au sexe.

Protocole de l’étude

Les données présentées ici sont issues d’analyses secondaires d’une étude prospective, randomisée menée en double aveugle chez des adultes atteints de mélanome de stade IIIA à IIIC qui ont bénéficié d’une résection complète de la tumeur métastasée et des ganglions associés. Ils ont été randomisés pour recevoir 18 doses de 200 mg de pembrolizumab en perfusion, ou un placebo, toutes les 3 semaines sur une durée de 1 an ou jusqu’à la récidive de la maladie, la survenue d’effets indésirables intolérables, ou de retraits de l’étude. Les critères d’évaluation étaient l’association entre la survenue d’effets indésirables immunologiques et la survie sans récidive. L’incidence des événements indésirables immunologiques étaient mesurés jusqu’à 30 jours après la dernière dose administrée et celle de l’ensemble des événements indésirables graves jusqu’à 90 jours après la dernière dose.

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la population incluse (1.019 individus, 61,5% d’hommes), 37,3% avaient moins de 50 ans, 38,5% entre 50 et 64 ans, et 24,5% 65 ans et plus. L’incidence des événements indésirables immunologiques sous pembrolizumab était de 19,4% à 3 mois, 37,4% à 15 mois versus respectivement 4% et 9% sous placebo. Le premier événement indésirable immunologique apparaissait dans les 6 premiers mois pour la majorité des individus concernés par ces événements. L’incidence était similaire quel que soit le sexe.

Les événements indésirables immunologiques les plus fréquents étaient les désordres endocriniens (hypo-, hyperthyroïdie) et le vitiligo. Au total, 33 patients sur 190 dans le groupe pembrolizumab et 6 sur 45 dans le groupe placebo ont arrêté leur traitement à cause de la survenue d’événements indésirables de ce type.

Par rapport au placebo, la réduction du risque de décès ou de récidive du cancer était significativement plus importante après un événement indésirable immunologique sous pembrolizumab que sans ou avant (hazard ratio 0,37 [0,24-0,57] versus 0,61 [0,49-0,77]). Ce qui n’était pas le cas dans le bras placebo. Ces constats apparaissaient de façon similaire dans les deux sexes.