Évènements de santé délétères sous antidépresseurs : y a-t-il vraiment une causalité ?

  • Dragioti E & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 2 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

À travers la méta-synthèse de 45 méta-analyses compilant des études observationnelles, il apparaît que parmi tous les évènements de santé potentiels décrits sous antidépresseurs, seuls deux associations apparaissent significatives : les liens entre inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et risque de suicide chez les moins de 19 ans d’une part, et la prise d’ISRS ou d’antidépresseurs au cours de la grossesse et le risque de présenter un trouble du spectre de l’autisme (TSA) d’autre part. Dans les deux cas, l’association reste faible. Par ailleurs, leur significativité ne perdure pas dans les analyses de sensibilité et après ajustement sur l’ensemble des facteurs potentiels de confusion. Cela laisse penser, selon les auteurs, que ces corrélations sont plus volontiers issues de facteurs de confusion et de limites méthodologiques que d’un véritable lien de causalité.

Les limites méthodologiques des études observationnelles...

La sécurité d’emploi des antidépresseurs est questionnée depuis des années et de fait, des études observationnelles sont logiquement venues compléter les données des études cliniques randomisées ayant permis leur commercialisation. Elles offrent une image des bénéfices-risques en pratique clinique de routine et sur une période prolongée par rapport aux études pivots. Elles ont pu être compilées dans différentes méta-analyses, mais la fiabilité de leurs conclusions n’est pas totale, étant donné l’incertitude émanant des études sur lesquelles elles sont basées. La pertinence d’une méta-synthèse est de proposer de nouvelles interprétations d'un ensemble d'études initiales et d’en mettre en évidence les limitations.

Les auteurs de ce travail paru dans JAMA Psychiatry , comme ceux ayant rédigé l’éditorial, développent largement la notion de limitations méthodologiques et de facteurs de confusion dans les études observationnelles : ainsi, concernant l’exemple des risques liés à l’exposition in utero des enfants aux ISRS, on peut suspecter que les femmes qui sont maintenues sous antidépresseurs malgré une grossesse ont certainement un profil spécifique et que leur condition médicale, plutôt que le traitement lui-même, peut favoriser l’augmentation observée du risque d’autisme.

À l’issue d’un développement précis des différentes questions méthodologiques se posant dans l’analyse de l’impact délétère des antidépresseurs, les auteurs proposent un certain nombre d’améliorations des protocoles de recherche qui permettraient de mieux asseoir une éventuelle causalité.