Evènements cardiovasculaires liés à l’exposition aux pesticides

  • Berg ZK & al.
  • J Am Heart Assoc
  • 1 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une forte exposition professionnelle aux pesticides accroît le risque d’évènements cardiovasculaires (coronaropathie et AVC). Cette association n’est pas retrouvée pour les sujets ayant été exposés faiblement, mais ce résultat doit être interprété avec précaution étant donné le faible nombre de sujets considérés.

Cette étude américaine ne permet pas de détailler précisément les familles de pesticides principalement incriminées. Elle est limitée par l’absence de certains facteurs de risque dans l’ajustement des calculs. Cependant, elle constitue la plus longue étude longitudinale sur l'exposition professionnelle chronique aux pesticides, qui tient compte des facteurs de risque épidémiologiques des maladies cardiovasculaires. Elle met en évidence un risque net et significatif. Celui-ci n’est plus significatif au-delà des 10 premières années d’exposition, sans doute parce que d’autres facteurs favorisant ces mêmes pathologies interviennent à mesure du vieillissement des sujets.

Méthodologie

Ce travail a été mené à partir de la cohorte Kuakini Honolulu Heart Program mise en place dans les années 1960 auprès d’une population américano-japonaise, homogène géographiquement et génétiquement. Ils étaient suivis par l’administration dédiée à la médecine du travail qui a pu qualifier la durée et l’intensité de l’exposition de 7.994 hommes. Le suivi médical était régulier et l’ensemble des évènements cardiovasculaires a été recensé jusqu’en 1999.

Principaux résultats

Les taux d’incidence des évènements cardiovasculaires durant les 10 premières années puis durant la totalité des 34 années de suivi ont été de 8,48 et 14,83 pour 1.000 personnes-années parmi les personnes non exposées, tandis qu’ils étaient de 10,74 et 15,28 pour 1.000 personnes-années pour les personnes ayant eu une forte exposition professionnelle.

Au cours des 10 premières années de suivi, une forte exposition aux pesticides était associée à un risque de coronaropathie ou d’AVC qui, par rapport aux sujets non exposés, était supérieure, avec un rapport des risques de 1,42 [1,05-192] (p=0,021) après ajustement complet (âge, facteurs de risque, IMC et pression artérielle systolique). Une exposition faible à modérée n’apparaissait pas associée à un tel sur-risque. Par ailleurs, la significativité de l’association n’était plus démontrée quand l’analyse était menée sur la totalité de la période de suivi.