Evaluer le risque de pneumopathie d’inhalation dans la maladie de Parkinson

  • Anne-Céline Rigaud

  • JIM Actualités médicales
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La maladie de Parkinson, maladie neurodégénérative liée à la diminution progressive de la production de dopamine, se manifeste par des tableaux associant tremblements, bradykinésie, rigidité et posture instable. La dysphagie en est également un symptôme important, de par le risque vital auquel elle expose. Néanmoins d'autres facteurs, y compris des facteurs fonctionnels, d'hygiène buccodentaire ou des pathologies associées, peuvent également provoquer l'apparition d'une pneumonie d'inhalation. L'objectif de l'étude de Jong Hwa Lee a été d'étudier quels paramètres et caractéristiques influençaient la survenue d'une pneumopathie d'inhalation et de décrire la corrélation entre les résultats sur l'échelle de dysphagie fonctionnelle et l'apparition d'une pneumopathie d'inhalation chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.

Cinquante-trois patients avec une maladie de Parkinson ont été inclus prospectivement dans cette étude. La fonction de déglutition a été évaluée à l'aide de l'échelle de dysphagie fonctionnelle (FDS) et de la penetration-aspiration scale (PAS) basée sur l'étude d'une vidéofluoroscopie standard de déglutition. Divisés en deux groupes en fonction de la survenue (n = 8) ou non (n = 45) d'une pneumopathie d'inhalation, les patients ont été suivis pendant 3 mois avec analyse de leurs variables de déglutition.

Dans le cadre de l'évaluation du stade de la maladie, de la fonction et de la cognition chez les sujets de l'étude, le groupe avec pneumopathie d'inhalation avait un stade Hoehn et Yahr plus élevé, une échelle SE ADL (échelle Schwab and England activities of daily living) plus faible (52,00 ± 16,43 vs 88,00 ± 10,33, p = 0,005), et un score MMSE (Mini-Mental State Examination) significativement inférieur (21,50 ± 4,17 contre 26,40 ± 3,87, p = 0,048) par rapport au groupe sans pneumopathie.

Corrélation avec les scores de dysphagie fonctionnelle

Sur la base des résultats de la vidéofluoroscopie, ce groupe de 8 patients présentait également des valeurs significativement plus élevées aux scores FDS (29,25 ± 19,06 vs 6,76 ± 9,49; p = 0,009) et PAS (5,37 ± 2,82 vs 2,23 ± 1,84; p = 0,047) que groupe sans pneumopathie, ceci étant confirmé à l'analyse statistique par régression. A noter pour ces patients « à risque », que le temps de transfert dans la phase pharyngée était significativement plus long. De plus, la quantité de résidus dans le sinus pyriforme et sur la paroi pharyngée après déglutition était également différente entre les deux groupes.

Cette étude montre ainsi que la présence d'une pneumopathie d'inhalation chez les patients atteints de la maladie de Parkinson est en corrélation avec les incapacités fonctionnelles et les troubles de déglutition. Étant donné que la FDS peut évaluer quantitativement les anomalies fonctionnelles de la dysphagie, elle peut être considérée comme cliniquement pertinente pour prédire la survenue d'une pneumopathie d'inhalation et permettre de choisir les options thérapeutiques appropriées chez les patients parkinsoniens.